Economie

UNICEF et Absa Bank Botswana intensifient leurs efforts contre le chômage des jeunes

Mi-août 2026, une nouvelle alliance entre UNICEF et Absa Bank Botswana a abordé le chômage des jeunes comme une urgence économique partagée, et non plus comme un problème réservé au gouvernement. La question posée était claire : la bonne volonté peut-elle enfin se transformer en système fonctionnel ?

Le taux de chômage des jeunes au Botswana, estimé à 46 % par Tuduetso Kelapile, responsable de la communication et du plaidoyer à UNICEF Botswana, est devenu l’un de ces chiffres répétés à l’infini, au risque de perdre son poids. Près de la moitié des jeunes du pays sont exclus du travail rémunéré, dans une nation que la Banque mondiale classe comme à revenu intermédiaire supérieur – une contradiction qui révèle la fracture entre croissance et opportunités. C’est dans ce contexte que UNICEF Botswana et Absa Bank Botswana ont relancé leur partenariat signé en décembre 2025, en l’orientant vers une action plus ciblée sur les compétences, l’employabilité et l’entrepreneuriat.

Une banque dans un rôle autrefois réservé au gouvernement

La rencontre qui a marqué cette nouvelle phase a réuni Keabetswe Pheko Moshagane, Directrice générale d’Absa Bank Botswana, Iliana Albino, Directrice mondiale par intérim de Generation Unlimited, et Dr Kimanzi Muthengi, Représentant par intérim de UNICEF Botswana. Leur message commun était limpide : le chômage élevé des jeunes n’est pas seulement une préoccupation sociale à gérer par des projets de bonne volonté, mais un facteur direct de stabilité économique et sociale. Ce cadrage déplace le débat de la charité vers la responsabilité partagée, un langage qui retient autant l’attention des conseils d’administration que les appels à la solidarité.

Le problème du chômage des jeunes au Botswana est profondément structurel. Les rapports de l’UNICEF indiquent que 41 % des jeunes ne sont ni en emploi, ni en éducation, ni en formation soit environ le double de la moyenne mondiale avec des obstacles encore plus marqués pour les jeunes femmes et ceux des zones rurales. Les revenus du diamant, longtemps pilier de l’économie, ne suffisent plus à créer assez d’emplois formels pour absorber les diplômés et sortants d’école chaque année. Dans ce contexte, l’engagement d’une banque à mobiliser son réseau et son bilan pour la formation des jeunes n’est pas qu’une opération de communication : c’est la reconnaissance que le secteur privé a lui-même un intérêt direct à ce que les jeunes Batswana trouvent du travail.

Des programmes efficaces seulement s’ils atteignent les bonnes cibles

Ce qui distingue cette initiative d’un simple geste de responsabilité sociale d’entreprise, c’est la volonté de s’appuyer sur les infrastructures existantes plutôt que de créer un système parallèle. Generation Unlimited fonctionne déjà comme une plateforme mondiale reliant les jeunes aux compétences et aux opportunités, et le président du Botswana l’a personnellement soutenue en tant que leader mondial. Absa, de son côté, apporte son programme ReadytoWork, conçu pour préparer les jeunes aux réalités d’un marché du travail formel qui valorise de plus en plus la littératie numérique et l’adaptabilité plutôt que les seuls diplômes.

Les deux parties décrivent leur objectif comme celui de connecter les jeunes aux compétences, aux opportunités et au soutien nécessaires pour réussir leur transition vers le monde du travail. Cette notion de transition réussie est cruciale : le Botswana dispose déjà de programmes de formation et de fonds pour la jeunesse, y compris des dispositifs gouvernementaux pour encourager l’entrepreneuriat. Mais le véritable défi reste la transition elle-même, le passage entre la fin d’un cursus et l’accès à un revenu. Un partenariat entre une agence de développement et une banque commerciale pourrait, en principe, combler une partie de ce vide en finançant les entreprises et les stages que la formation seule ne garantit pas, à condition d’atteindre aussi les zones rurales et les villages urbains où, selon les données de l’UNICEF, le chômage est le plus élevé.

Transformer un partenariat en salaire réel

Transformer un accord signé en véritables salaires est la partie la plus difficile de toute initiative pour l’emploi des jeunes. L’expérience du Botswana avec des programmes antérieurs montre que tout dépend du suivi durable, bien plus que de l’annonce initiale. La mesure la plus utile de cette collaboration sera moins la réunion elle-même que la capacité du programme ReadytoWork à atteindre les jeunes au-delà du centre urbain de Gaborone, et les chiffres de placement qu’il pourra rapporter dans le temps.

Il existe aussi une réalité structurelle plus large : un taux de chômage des jeunes proche de la moitié de la population active ne peut être résolu par une seule initiative, aussi bien dotée soit-elle. Il faut un marché du travail réellement ouvert aux jeunes entrepreneurs, des institutions financières prêtes à prêter aux créateurs d’entreprise sans exiger des garanties impossibles, et des investissements publics dans des secteurs comme la technologie ou l’agro-transformation, où de nouveaux emplois peuvent réellement émerger. Ce qu’UNICEF et Absa ont engagé représente une pièce significative de cet effort global, construit aux côtés de la stratégie gouvernementale pour l’emploi des jeunes, et non en remplacement.

La volonté d’une banque commerciale de présenter publiquement le chômage des jeunes comme une question de stabilité nationale, et d’y associer sa marque dans un engagement pluriannuel, marque un tournant dans la manière dont le secteur privé du Botswana aborde ce problème. Cela traduit une reconnaissance croissante que l’emploi des jeunes ne peut être laissé au gouvernement seul, et que les entreprises ont à la fois les moyens et la motivation pour contribuer à combler le fossé. Reste à savoir si ce changement produira des emplois à grande échelle, ce qui dépendra de la constance et de l’expansion de l’engagement dans les années à venir.

 

Baltazar ATANGANA

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