Femme

Cameroun : Afrique Future forme à Eséka les responsables des groupements de femmes à la gouvernance, au Kaizen et à l’éducation financière

Une cinquantaine de participants ont pris part ce jeudi 1er octobre 2026 à Eséka à l’atelier de formation organisé par Afrique Future Cameroun dans le cadre du Projet d’Autonomisation des groupements de Femmes et des jeunes Filles en milieu rural au Cameroun (PAFFC), financé par Affaires Mondiales Canada.

Alors que le PAFFC investit dans les filières agropastorales et halieutiques, la solidité organisationnelle des groupements (SOFRAAF) est vite apparue comme une condition de réussite des microprojets. Le projet avait constaté chez les quinze nouveaux groupes de l’An 3 des faiblesses dans la tenue des registres de réunions et d’exploitation, ainsi qu’un besoin d’acquérir des bases en entrepreneuriat et en éducation financière. L’atelier visait à y répondre, pour réduire la dépendance vis-à-vis de l’encadrement externe et garantir une gestion autonome et rentable.

Gouvernance et tenue des registres : une matinée très pratique

Réunis dès 7h30, les participants ont suivi un programme alliant exposés simplifiés, travaux de groupes et exercices pratiques. La matinée était consacrée à la gouvernance et aux outils de gestion. La première session a rappelé les objectifs du PAFFC, ses principes d’accompagnement et ses canaux de communication, afin que les représentantes des groupements s’approprient la vision du projet et portent un discours harmonisé. La seconde, très pratique, a permis aux présidentes, secrétaires et trésorières de s’exercer sur de vrais registres : rédaction de procès-verbaux, renseignement des fiches de production et de suivi des stocks, tenue des cahiers d’entrées et sorties de caisse.

Kaizen et éducation financière : penser ses fermes comme des entreprises

L’après-midi a été dédié au Kaizen et à l’éducation financière. Les participantes ont découvert la démarche d’amélioration continue et la méthode des 5S (Trier, Ranger, Nettoyer, Standardiser, Respecter), appliquée aux fermes d’élevage et aux exploitations agricoles : propreté, organisation de l’espace, sécurité et réduction des gaspillages. La session sur l’entrepreneuriat les a ensuite initiées, par simulation, au calcul du coût de revient d’un cycle de production (volaille, porc, poisson, maraîchage), à la gestion de la marge, à la trésorerie, à l’épargne de sécurité et au remboursement des fonds de roulement.

La journée s’est achevée par la restitution et l’élaboration d’une feuille de route d’application. Chaque groupement a reçu un kit de registres d’exploitation, ainsi que du matériel didactique et des savons et détergents. Un appui au transport avait été prévu pour faciliter la venue des déléguées des quinze groupements, dont certaines venaient de localités éloignées.

Les formateurs et experts en gouvernance, MEAL et Kaizen, ainsi que l’équipe du PAFFC et les Agents de Développement Communautaire (ADC), ont encadré les échanges. Ces derniers auront la responsabilité de l’accompagnement post-formation, avec un contrôle systématique des outils de gestion. Le chef de projet, Patient Abanda, a rappelé que la réussite des microprojets repose d’abord sur la maîtrise des outils de gestion par les groupements elles-mêmes.

À la clôture, les participantes ont salué l’utilité de la formation et pris l’engagement d’appliquer, dès leur retour, les outils reçus pour faire de leurs microprojets de véritables entreprises rentables et durables.

 

Leandre WAMA

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