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Bukavu : les femmes médiatrices plaident pour une paix inclusive et durable au Sud-Kivu

Promouvoir une culture de paix inclusive et durable au Sud-Kivu, en lien avec le thème mondial 2026, en valorisant les initiatives locales et le rôle des femmes médiatrices, tel est l’objectif principal de la conférence débat organisée le 30 septembre 2026 par la Coalition des Femmes Africaines Médiatrices pour la Paix, CFAMP en sigle.

Pour Cady Adzuba, présidente de cette coalition, cette conférence débat s’inscrit dans le cadre de la célébration de la journée mondiale de la paix, célébrée le 21 septembre de chaque année. C’est une occasion universelle de rappeler que la paix est un investissement quotidien, au cœur de la dignité humaine. « Nous avons voulu clôturer le mois par cette activité. C’est une plateforme africaine qui évolue dans dix pays en Afrique francophone, un regroupement des femmes médiatrices…L’objectif est de renforcer la capacité des femmes au niveau communautaire. Comme vous le savez, la femme est une médiatrice naturelle. Il faut capitaliser ces atouts et voir comment faire profiter ces connaissances à la société », a déclaré Cady Adzuba.

Parlant du rôle de la femme médiatrice, elle renseigne que son rôle est de mettre les parties en conflits autour d’une même table, de faire la médiation afin d’arriver à une issue favorable. « La femme est le meilleur maillon qui manque pour que les choses aillent mieux en RDC, surtout sur les questions de paix », a-t-elle ajouté.

Cette conférence a mis en lumière le rôle des femmes médiatrices et des acteurs communautaires dans la construction d’une paix durable et inclusive. Plusieurs thématiques ont été développées, notamment le dialogue comme investissement durable pour la paix, et la construction de la confiance et de la réconciliation par le dialogue.

Dans le panel, modéré par Raïssa Kasongo, les intervenantes Agnès Sadiki Nyabisoko et Judith Maroy ont montré qu’à la base, les communautés sont déchirées et que la méfiance s’est installée. Il faudra reconstruire la confiance pour arriver à une paix durable et favorable pour tous. Judith Maroy, défenseure des droits humains et coordinatrice du club Zaida Catalan pour la paix, a rappelé les échecs des dialogues passés et la nécessité de s’en servir pour parvenir à un dialogue inclusif et à une paix durable.

Concernant le dialogue projeté en République Démocratique du Congo, les panélistes ont discuté de la manière dont ce dialogue pourrait être le dernier. Pour cela, elles ont insisté sur l’inclusivité et la participation de toutes les parties prenantes au conflit, principalement les victimes, entre autres les femmes, les enfants et les minorités. Elles ont également évoqué la question de l’agenda, à savoir quelles questions seront discutées, si les besoins spécifiques de la population sont pris en compte, mais également le suivi des accords.

Pour les panélistes, cet aspect a manqué aux précédents dialogues. Cette fois, les femmes veulent qu’il y ait un suivi, un calendrier clair pour savoir, après accord, quelles sont les activités prévues et que faire si l’engagement n’est pas tenu par une partie.

Abordant l’agenda Femme, Paix et Sécurité et l’application de la résolution 1325, un panel modéré par Ernest Muhero avec les intervenantes Me Georgette Nkunzi et Me Bernadette Masoka a montré que la RDC a adhéré à cette disposition, mais que son applicabilité reste un problème faute de mesures d’accompagnement et de lois de suivi. Concernant les piliers de cette résolution, elles ont indiqué que le pilier participation n’est pas encore respecté et que cela reste un défi.

Me Georgette Nkunzi a souligné que c’est sur ce défi que les femmes devraient travailler pour leur participation non seulement aux instances décisionnelles mais aussi dans les grands débats sur la recherche de la paix, la femme jouant ainsi son rôle de médiatrice.

Le dernier panel, modéré par Claudine Kitumaini, a porté sur les défis avant, pendant et après les crises et les leçons du passé. La journée s’est clôturée par le partage d’expériences intergénérationnelles sur les questions de paix et la reconnaissance de certaines femmes pour leur combat dans la reconstruction de la paix.

Le thème retenu cette année pour la journée mondiale de la paix est « Investir dans la paix pour tous, partout, chaque jour ». La conférence s’est tenue dans la salle Concordia de l’Archevêché de Bukavu.

 

Par Cynthia B

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