Femme

Peindre pour guérir, peindre pour s’affirmer : le parcours de Fani Cimusa

Dans la rubrique Parole aux femmes, le média en ligne LifeInfos met en lumière les initiatives et les parcours de femmes qui, par leur courage et leur créativité, inspirent leur communauté. Aujourd’hui, nous vous présentons l’histoire de Mapendo Cimusa Fanny, jeune peintre originaire de Bukavu, dont le chemin de vie est une véritable leçon de résilience.  

Un parcours marqué par les épreuves

Mère célibataire d’un garçon, Fani Cimusa a connu très tôt des difficultés. Étudiante en deuxième année de licence, elle a dû interrompre ses études après avoir été rejetée par sa famille à cause d’une grossesse. Partie à Uvira chez une cousine, elle y rencontre une femme peintre qui devient une source d’inspiration. De retour à Bukavu, elle tente de reprendre l’université, mais son père refuse. Pour subvenir aux besoins de son enfant, elle se lance dans de petits commerces, puis travaille dans l’hôtellerie et la restauration. Confrontée aux jugements et aux stéréotypes, elle décide finalement de suivre sa passion, la peinture.  

La peinture comme renaissance

Pour Fani, la peinture n’est pas seulement un métier, c’est une renaissance. Elle explique: « C’est l’amour que j’avais pour la peinture qui m’a poussée à persévérer. Je voulais montrer que tomber enceinte n’est pas la fin, qu’on peut se relever et construire un avenir. »  

Son style est personnel et unique,  une manière de parler au monde à travers les couleurs et les formes. Ses œuvres transmettent des messages d’amour, de confiance en soi et de résilience.  

Défis et persévérance

Comme beaucoup d’artistes, Fani Cimusa fait face à des difficultés matérielles et financières. Le manque de pinceaux et de rouleaux adaptés complique son travail. Mais elle refuse de se laisser décourager. « Je ne laisse pas les étiquettes limiter ma créativité. Si mon fils étudie dans de bonnes conditions aujourd’hui, c’est grâce à ma passion. »  

Elle raconte avoir surmonté des moments très difficiles grâce à l’art, notamment le rejet de sa famille et les critiques de la société. Sa stratégie pour rester motivée, se fixer des objectifs, travailler chaque jour, et se rappeler que son combat est aussi celui de son fils et de toutes les femmes qui doutent d’elles-mêmes.  

Inspiration et conseils

Dans les périodes de doute, Fani puise son inspiration dans la vie quotidienne, les visages des femmes et des enfants, et les histoires de résilience autour d’elle. Aux jeunes filles qui rêvent de s’exprimer à travers l’art, elle adresse ce message,  « Ne laissez jamais les critiques vous empêcher de réaliser vos rêves. Et aux parents, je dis, tomber enceinte n’est pas la fin. Soutenez vos filles, car elles peuvent se relever et briller. »  

Des projets tournés vers les autres

L’avenir, Fani le voit grand. Son ambition est d’ouvrir un centre de formation pour les filles et les mères célibataires, afin de leur offrir une chance de se reconstruire grâce à l’art. Elle souhaite également prendre en charge les femmes et enfants abandonnés, en faisant de la peinture un outil de thérapie et d’émancipation.  

Au départ, sa famille ne la prenait pas au sérieux. Mais avec le temps, ils ont compris que les femmes peuvent exceller dans la peinture et dans bien d’autres domaines. Pour Fani Cimusa, l’art est une arme de changement social et un moyen de redonner confiance aux femmes.  

Fani Cimusa est plus qu’une artiste, elle est une voix, une force et une inspiration. Son parcours rappelle que l’art peut naître des blessures et devenir une lumière pour soi et pour les autres.  

 

Article produit en partenariat avec l’Observatoire Écho Voix Féminine  

 

 

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