En marge de la 81e session de l’Assemblée générale des Nations unies, le Réseau des femmes leaders africaines a frappé fort. Le 26 septembre 2026 à New York, l’AWLN a organisé son Forum mondial sur le leadership des femmes, en partenariat avec l’Union africaine, le PNUD, la BADEA, l’UNFPA et ONU Femmes. Cette rencontre a rassemblé plus de 300 femmes leaders venues du continent et de la diaspora, des cheffes d’Etat et de gouvernement, des anciennes présidentes, des Aînées du réseau, de hauts responsables de l’Union africaine et des Nations unies, ainsi que des représentantes des institutions financières, du secteur privé et des partenaires au développement.
L’objectif était clair et tourné vers l’avenir, que faut-il entreprendre pour que les femmes disposent du pouvoir et des ressources nécessaires pour façonner l’avenir de l’Afrique. Parmi les figures présentes, Ellen Johnson Sirleaf, marraine de l’AWLN et ancienne présidente du Libéria, Amina J. Mohammed, Secrétaire générale adjointe des Nations unies, Judith Suminwa Tuluka, Première ministre de la République démocratique du Congo, Selma Malika Haddadi, vice-présidente de la Commission de l’Union africaine, ainsi que les Aînées Sahle-Work Zewde, Joyce Banda et le Dr Ameenah Gurib-Fakim. On notait également la présence d’Ahunna Eziakonwa, Conseillère spéciale pour l’Afrique, de Diene Keita, Directrice exécutive de l’UNFPA, d’Aïssata De, directrice régionale par intérim du PNUD, et de Bineta Diop, co-fondatrice de l’AWLN.
Dès l’ouverture, le go a été donné par Ellen Johnson Sirleaf, Amina J. Mohammed, Selma Malika Haddadi et Judith Suminwa Tuluka. Dans un contexte géopolitique en rapide évolution, ont-elles martelé, le leadership des femmes n’est pas simplement une question de représentation, c’est une nécessité. Modéré par Folly Bah Thibault, présentatrice vedette d’Al Jazeera English, le Dialogue sur le leadership a réuni les Aînées de l’AWLN. S’appuyant sur leurs expériences au plus haut niveau du pouvoir politique, Sahle-Work Zewde, Joyce Banda et Ameenah Gurib-Fakim ont évoqué les réalités de l’exercice de l’autorité, la gestion des transformations nationales et économiques, et l’importance de la solidarité entre femmes leaders pour créer une passerelle vers la prochaine génération.
Le message qui s’est dégagé est unanime, augmenter la représentation des femmes reste essentiel, mais cela doit se traduire par une influence réelle, une autorité institutionnelle et la capacité à peser sur les décisions. Un point souligné avec force par Aïssata De, Bineta Diop et Ahunna Eziakonwa qui ont appelé à ce que les femmes façonnent les agendas continentaux et mondiaux. La mobilisation des ressources est apparue comme une priorité absolue, avec des appels à un investissement soutenu en faveur des femmes leaders, des initiatives portées par des femmes et des réseaux qui leur permettent d’exercer leur influence.
Le secteur privé a été présenté comme un partenaire incontournable. Les interventions d’Aisha Maina, Marie-Céleste Bagniakana, Ndeye Thiaw, Anta Babacar Ngom, Kadijah Amoah et Abigail Ony Nwaohuocha ont mis en exergue la nécessité de partenariats plus solides, d’investissements dans les entreprises dirigées par des femmes et d’un meilleur accès au capital. Moment fort du Forum, la nomination d’Aisha Maina, PDG d’Aquarian Consult Limited, comme première ambassadrice mondiale de l’AWLN. Son mandat consistera à consolider les acquis du réseau, développer des partenariats stratégiques, renforcer la mobilisation des ressources et accroître la visibilité de l’AWLN en Afrique et dans le monde.
La rencontre a également été l’occasion de rendre hommage à Ahunna Eziakonwa, nouvelle sous-secrétaire générale des Nations unies et Conseillère spéciale pour l’Afrique, qui a reçu le prix d’excellence de l’AWLN pour son leadership exceptionnel et son engagement en faveur du leadership féminin. Le prix lui a été remis par Sahle-Work Zewde. Lors de la plénière , avec la ministre zimbabwéenne Monica Mutsvangwa, l’Envoyée spéciale pour Femmes, Paix et Sécurité Liberata Mulamula et la ministre botswanaise Lesego Chombo, les intervenantes ont appelé à passer de la représentation à l’action, à travers un engagement politique plus fort, un financement adéquat, le mentorat et l’accélération de la signature et de la ratification de la Convention de l’UA sur l’élimination de la violence à l’égard des femmes et des filles.
La veille, le 25 septembre, une réception préliminaire avait permis à Bineta Diop et Diene Keita de lancer la deuxième édition de l’initiative Positive Masculinity, portée par l’UNFPA, ainsi qu’une campagne pour accélérer la ratification de cette Convention. Un hommage appuyé a enfin été rendu à Amina J. Mohammed, dans l’esprit de la culture et des traditions africaines, pour son leadership en faveur de l’égalité des sexes au sein des Nations unies.
Au terme des travaux, le constat est partagé, alors que la gouvernance mondiale continue d’évoluer, il ne suffit plus que les femmes africaines soient présentes dans les instances décisionnelles. Elles doivent disposer de l’autonomie, de l’influence et des ressources nécessaires pour façonner les décisions qui définiront la prochaine décennie.
Redaction centrale





