La 9e édition du Festival Zéro Polémik, placée sous le signe de la paix et de la résilience, se prépare activement à Bukavu, chef-lieu du Sud-Kivu. Initié par Joyeux Bin Kabodjo, opérateur culturel, artiste humoriste et fondateur de l’espace Bukavu Comedy Club, cet événement entend faire de l’art et du rire une thérapie collective face aux traumatismes et aux défis sécuritaires de la région.
Pour valoriser la culture et donner un espace d’expression aux artistes, à leurs ambitions et à leur contribution pour la paix et la cohésion sociale, LifeInfos est allé à la rencontre du directeur du festival pour faire le point sur les préparatifs de ce grand rendez-vous.
Entretien :
Q. Bonjour Joyeux, quel est l’objectif principal du Festival Zéro Polémik pour cette 9e édition placée sous le signe de la paix et de la résilience ?
R. L’objectif est d’offrir une parenthèse de vie à la population de Bukavu et de redorer l’image de notre ville, trop souvent associée à la guerre et aux atrocités.
Q. Quelles sont les grandes nouveautés et les temps forts prévus pour le public du 9 au 15 novembre?
R. La grande nouveauté cette année, c’est le gala « Mutu ni Mutu ». Les anciens de l’humour joueront le 14 novembre pour le public de Kadutu, au stadium de Buholo 4. Ensuite, au Bukavu Comedy Club, nous offrirons une heure de scène à chaque artiste. Le 15, nous clôturerons avec le grand Gala Zéro Polémik à La Résidence, où nous accueillerons des artistes venus de plusieurs provinces de la RDC.
Q. Dans le contexte actuel de la région, quels défis rencontrez-vous pour organiser un tel événement à Bukavu?
R. Les défis sont nombreux, mais mon équipe et moi ne faisons pas partie de ceux qui parlent de défis, nous faisons partie de ceux qui parlent de ce qui fonctionne. Comme d’habitude, le public de Bukavu nous offre son soutien. Cette 9e édition est d’ailleurs le fruit de ce soutien, d’un public qui s’est toujours approprié le festival.
Q. Quel impact espérez-vous avoir sur les jeunes artistes et sur la population de Bukavu cette année ?
R. Nous espérons d’abord soigner les traumatismes collectifs. Ce festival va permettre d’éduquer par le divertissement. Cette année, nous avons aussi intégré le numérique en invitant des influenceurs et créateurs de contenu. L’impact sera aussi socio-économique. Et pour les artistes, c’est une scène qui refuse de s’éteindre, malgré la réalité actuelle de Bukavu.
Q. Quel message aimeriez-vous adresser à vos partenaires et au public?
R. À nos partenaires, merci d’avoir été là depuis déjà 9 ans. Au public de Bukavu, désolé de vous avoir fait patienter pour l’annonce, mais merci parce que nous savons que nous pouvons compter sur vous. Vous serez encore avec nous cette année, comme vous l’avez été depuis 2018.
Q. Si vous aviez un seul mot pour résumer la 9e édition Zéro polémik, ce serait lequel?
R. Découverte. Pendant 9 ans, nous avons révélé des talents, amené des étrangers à découvrir nos artistes et envoyé nos humoristes à l’étranger. Nous pouvons être fiers de ce que le festival apporte au bien-être de nos artistes. Cette 9e édition est l’illustration parfaite que l’art et l’humour restent des armes pacifiques puissantes pour redonner le sourire à la jeunesse et aux familles du Kivu._
Propos recueillis par Nathalie Simbeko





