Société

Sud-Kivu : l’archevêque de Bukavu dénonce l’instrumentalisation de l’éducation comme arme de guerre

Alors que la CENCO et l’ECC s’investissent pour ramener les filles et fils du pays autour d’un dialogue inclusif, afin de vivre en paix et de travailler dans une cohésion sociale constructive et une cohabitation pacifique, et que tous les partenaires, tant au niveau national, régional qu’international, militent pour le retour de la paix en RDC, l’archevêque métropolitain de Bukavu regrette de voir les conflits s’intensifier à l’Est.

C’est ce qu’on peut lire dans une lettre de Mgr François-Xavier Maroy adressée au ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire, aux autorités de l’AFC/M23 et aux partenaires éducatifs en RDC.Selon cette lettre, depuis trois décennies déjà, la sous-région des Grands Lacs africains traverse des turbulences dramatiques causant des pertes en vies humaines par millions. Un drame que le Saint-Père François dénonçait déjà lors de sa visite en RDC, en interpellant les puissances du monde : « Ôtez vos mains de la République Démocratique du Congo. Ôtez vos mains de l’Afrique ! Cessez d’étouffer l’Afrique : elle n’est pas une mine à exploiter ni une terre à dévaliser. »

Dans le même esprit, s’adressant aux catholiques brésiliens le 26 février 2026 à l’occasion de la campagne de Fraternité de Carême, le Pape Léon XIV en appelait à une « Église samaritaine » pour désigner sa marche synodale vers les périphéries, attentive aux joies et aux peines, aux tristesses et aux angoisses des personnes auxquelles le message de la bonne nouvelle est adressé. Cette Église, « Mère et Éducatrice », « Sel de la terre et Lumière du monde » (cf. Mt 5,13-16), ne doit pas ignorer ou se taire devant la faim et la soif de ses enfants, les revendications et les besoins légitimes des jeunes et des adultes qui souffrent.

Depuis les mois de mai et juin derniers, le mouvement AFC/M23, occupant militairement le Nord et le Sud-Kivu, s’est introduit dans le système éducatif en nommant du personnel administratif dans les universités de Goma et de Bukavu. Une escalade a été franchie le 7 août avec l’installation de comités de gestion dans dix institutions d’enseignement supérieur.

Face à cette situation, le ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire a réagi à travers son communiqué officiel n°011 du 10 août 2026, condamnation sans appel, sanction du personnel jugé illégitime et fermeture pure et simple des institutions concernées, allant jusqu’à suggérer l’inscription des étudiants dans d’autres provinces. Une décision qui, de l’avis de nombreux observateurs, aggrave la misère de parents déjà totalement démunis.« N’utilisez pas l’éducation et tout le social comme arme de guerre ou champ de bataille pour vos règlements de compte. Soyez des parents responsables soucieux de l’avenir de la patrie. Que le plus soucieux du bonheur de ce peuple et de la paix durable dans ce pays remette, le premier, son épée dans le fourreau, son adversaire suivra, et la paix règnera dans toutes nos structures d’enseignement », déclare Mgr François-Xavier Maroy dans sa lettre.

Face à cette situation, l’archevêque invite tous les acteurs impliqués dans ces conflits qui perdurent à aider plutôt les parents, les enfants et leurs enseignants à clôturer en beauté l’année académique 2024-2025 et à ouvrir paisiblement l’année 2026-2027 pour tous, depuis l’école maternelle jusqu’à l’école doctorale, sur l’ensemble du territoire national, dans la concorde.

         

Redaction

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