Identifier et prioriser les leviers d’action susceptibles d’améliorer la rétention des enseignants dans des contextes de crise et de déplacement prolongé. Tel est l’objectif de l’atelier de trois jours organisé à Bukavu par l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP) de Bukavu.
Modérateur de la rencontre et chef du projet intitulé « Les facteurs déterminants du bien-être et de la rétention des enseignants dans des contextes de violence prolongée et de déplacement », le professeur Matabishi Namashunju Samuel a indiqué que ces assises visent à analyser les défis structurels, professionnels et psychosociaux auxquels sont confrontés les enseignants du Sud-Kivu, en particulier ceux du niveau primaire.
Selon lui, les échanges permettront également d’identifier et de cartographier les principaux facteurs qui influencent à la fois le départ des enseignants et leur maintien dans la profession, dans un contexte marqué par l’instabilité sécuritaire et les déplacements de population.
Les premières discussions ont mis en évidence plusieurs obstacles déjà documentés par différentes études. Parmi ceux-ci figurent la faiblesse et l’irrégularité des salaires, l’insécurité persistante dans certaines zones, la surpopulation des classes, la dégradation des infrastructures scolaires ainsi que le manque de reconnaissance institutionnelle.
À ces défis s’ajoute un niveau élevé de stress psychosocial chez les enseignants, souvent lié aux traumatismes engendrés par les conflits armés, à la surcharge de travail et au sentiment de marginalisation professionnelle.
Face à ces réalités, l’ISP Bukavu, en partenariat avec l’Institute of Development Studies et son unité de recherche, l’Observatoire Congolais du Plurilinguisme pour l’éducation et le développement, a lancé un projet de recherche portant sur les facteurs déterminants du bien-être et de la rétention des enseignants dans des contextes de violence prolongée et de déplacement.
Prévu pour une durée de 18 mois, ce projet se focalise sur l’enseignement primaire en République démocratique du Congo et en Ouganda, deux pays dont les systèmes éducatifs subissent une pression croissante en raison des conflits et des mouvements massifs de population.
L’initiative vise notamment à améliorer le bien-être des enseignants, à renforcer leur maintien dans la profession et à soutenir l’élaboration de politiques éducatives adaptées aux réalités des zones affectées par les crises.
Dans son mot de bienvenue, Jacques Usungu Ulungu, administrateur de budget et représentant du directeur général de l’ISP Bukavu, a rappelé que le développement d’un pays repose en grande partie sur la solidité de son système éducatif.
« Si nous voulons demain disposer d’une classe politique responsable et de techniciens compétents, nous devons les former dès aujourd’hui », a-t-il déclaré, invitant les participants à formuler des propositions susceptibles d’améliorer durablement le système éducatif congolais.
Les travaux ont été officiellement ouverts par Freddy Ndongozi, conseiller du gouverneur de province en charge de l’éducation. Il a encouragé les participants à capitaliser les acquis de cet atelier afin de renforcer la formation des élèves et de contribuer à l’émergence d’une génération capable de relever les défis de demain.
Par Sylvie NABINTU





