L’espace Comédie Club de Bukavu a accueilli samedi 21 mars 2026, le spectacle « Le Procès de la poubelle », une création humoristique qui dénonce avec force les ravages de l’incivisme écologique. Organisé dans le cadre du « Mois Vert », soutenu par la Coopération Suisse, ce rendez-vous artistique a transformé le rire en outil de sensibilisation.
Sous les traits de Patricia Kamoso, « Madame la Catastrophe » a incarné la colère de la nature face aux déchets mal gérés. Son interprétation poignante a rappelé que derrière chaque inondation ou glissement de terrain se cache l’irresponsabilité humaine.
Avec humour et ironie, Espoir Bulangalire a donné voix au lac Kivu, dénonçant les habitants qui transforment ravins et caniveaux en dépotoirs. Une métaphore percutante pour montrer comment les gestes quotidiens polluent l’un des joyaux naturels de la région.
Les artistes Gloire Taylor et Crispin de Mars ont mis en lumière la dimension sociologique du problème, riches ou pauvres, la mentalité reste la même, et la nature paie le prix des comportements irresponsables. Dans un rôle provocateur, Joyeux Bin Kabodjo a incarné un malade mental vivant au milieu des détritus, soulignant l’absence de culture du recyclage à Bukavu.
Le spectacle a suscité de vives réactions. Journalistes, opérateurs culturels et étudiants ont salué l’initiative, tout en proposant des pistes, produire la pièce en swahili pour toucher un public plus large, insister sur l’impact des plastiques sur le lac Kivu et rendre le spectacle itinérant afin de sensibiliser d’autres villes du pays. Un étudiant, témoin des inondations meurtrières sur l’avenue Georges de Four, a confié avoir suivi la représentation « avec les larmes aux yeux », preuve de la puissance émotionnelle de cette œuvre.
Lors des échanges animés par Thomas Jenatsch, les spectateurs ont exprimé le souhait que « Le Procès de la poubelle » dépasse Bukavu pour devenir un outil national de sensibilisation. Car au-delà du rire, ce spectacle rappelle une vérité urgente, la gestion des déchets reste l’un des plus grands défis écologiques de la RDC.
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