Des supporters de léopards empêchés d’entrer aux États-Unis en raison des restrictions sanitaires imposées face à l’épidémie d’Ebola. Pour la première fois depuis 1974, les Léopards retrouvent la plus prestigieuse compétition de football. Mais cette qualification historique est assombrie par une crise sanitaire majeure qui frappe l’Afrique centrale et orientale.
Depuis que l’Organisation mondiale de la santé (OMS) a déclaré, le 16 mai, une urgence de santé publique internationale, Washington interdit l’accès à son territoire à toute personne ayant séjourné en RDC, en Ouganda ou au Soudan du Sud dans les 21 jours précédents.
Selon les autorités sanitaires, plus de 900 cas suspects et 223 décès liés à Ebola ont été recensés, principalement en RDC. Conséquence directe, l’ambassade américaine à Kinshasa a suspendu ses services de visas, bloquant les déplacements des supporters congolais.
« Nous avons demandé à la FIFA de prendre cette situation en considération, car les billets coûtent très cher », a déclaré Veron Mosengo-Omba, président de la Fédération congolaise de football (Fecofa). Certains tickets atteindraient des tarifs jusqu’à sept fois supérieurs à ceux du Mondial 2022 au Qatar, en raison du système de tarification dynamique.
La RDC doit affronter le Portugal le 17 juin à Houston. Pour contourner les restrictions, les supporters auraient dû quitter leur pays plusieurs semaines à l’avance. Beaucoup envisagent désormais de se rendre uniquement au match contre la Colombie, prévu à Guadalajara, au Mexique. Interrogée par la BBC, la FIFA a indiqué qu’elle « examinerait la question en temps voulu ». L’instance privilégie généralement la revente ou le transfert des billets, sauf circonstances exceptionnelles comme l’annulation d’un match.
Contrairement aux supporters, la sélection congolaise ne devrait pas être affectée. La majorité des joueurs évoluent à l’étranger et le staff basé en RDC a déjà quitté le pays pour respecter la quarantaine. Le stage prévu à Kinshasa a été annulé, l’équipe se préparant désormais en Belgique avant de rejoindre son camp de base au Texas.
La RDC, anciennement Zaïre, fut en 1974, le premier pays d’Afrique subsaharienne à participer à une Coupe du monde. Pour Mosengo-Omba, cette nouvelle qualification symbolise une renaissance, « C’est la résurrection du football dans ce pays. Aujourd’hui, les gens oublient leurs problèmes pour suivre les Léopards. »
Mais la flambée actuelle, liée à la souche Bundibugyo du virus Ebola absente depuis plus de dix ans et sans vaccin disponible complique la lutte.. Mosengo-Omba appelle toutefois à éviter les amalgames, « Ce n’est pas parce qu’on vient de RDC qu’on a Ebola. Le Congo est immense et connaît bien cette maladie, que nous avons déjà combattue à plusieurs reprises. »
Alors que les Léopards s’apprêtent à vivre un moment historique, l’épidémie menace de voler la vedette à l’un des plus grands exploits sportifs du pays depuis un demi-siècle.
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