Société

Ituri : Une crise humanitaire silencieuse frappe la chefferie des Djukoth

La situation humanitaire dans la chefferie des Djukoth, territoire de Mahagi en province de l’Ituri, atteint un seuil critique. Selon les données consolidées à Ndama par la coordination locale de la société civile, 10 331 ménages représentant 35 135 personnes déplacées ont fui les violences dans la région de Bule et se retrouvent aujourd’hui dispersés dans les zones de santé de Logo et de Rimba.

Dans la zone de santé de Logo, 6 417 ménages soit 21 243 personnes ont été enregistrés. À cela s’ajoutent 3 914 ménages représentant 13 892 personnes dans la zone de santé de Rimba. Ces chiffres traduisent une pression humanitaire considérable sur des communautés d’accueil déjà fragilisées. Les déplacés sont répartis dans plusieurs aires de santé, notamment Jalusene, Wighii, Ngali, Kpana, Otha, Alagi, Lenge, Djuru, Zavi, Adingi, Shubert et Amee. Derrière ces statistiques se cachent des familles ayant tout perdu, des habitations abandonnées, des moyens de subsistance détruits, un accès aux soins interrompu et des enfants déscolarisés.

Des besoins humanitaires urgents

Les besoins prioritaires identifiés sur le terrain concernent l’accès à l’eau potable et à l’assainissement, l’assistance alimentaire d’urgence, les soins de santé primaire, les abris temporaires ainsi que la protection des femmes, des enfants et des personnes vulnérables. L’augmentation soudaine de la population exerce une pression accrue sur les infrastructures sanitaires et scolaires existantes. Le risque de propagation de maladies hydriques et infectieuses demeure élevé en l’absence d’une intervention rapide.

Un appel à la solidarité nationale et internationale

Face à cette situation, les leaders communautaires et la coordination locale lancent un appel pressant aux autorités provinciales, au gouvernement central, aux agences humanitaires et aux partenaires internationaux. La prise en charge de plus de trente-cinq mille personnes déplacées ne peut reposer uniquement sur la solidarité locale. Une réponse humanitaire coordonnée, structurée et financée est indispensable pour éviter une aggravation de la crise. Au-delà de l’assistance immédiate, des solutions durables doivent être envisagées, notamment la sécurisation des zones d’origine, des programmes de résilience communautaire, un soutien psychosocial et des mécanismes de retour volontaire sécurisé lorsque les conditions le permettront.

La crise des déplacés de la chefferie des Djukoth ne doit pas devenir une tragédie oubliée. Chaque jour sans assistance adéquate accroît la vulnérabilité de milliers d’innocents. La dignité humaine impose une réponse rapide. L’Ituri ne peut porter seule ce fardeau.

 

Rédaction 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page