L’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) reste « loin d’être maîtrisée », a averti mardi 18 août 2026 Tedros Adhanom Ghebreyesus, directeur général de l’Organisation mondiale de la santé (OMS). Un constat alarmant, alors que le pays a franchi le seuil des 5 000 cas confirmés et enregistré plus de 2 300 décès. Kinshasa, de son côté, insiste sur la robustesse de sa riposte et prépare la rentrée scolaire dans les six provinces touchées.
« Il y a trois mois, j’ai déclaré que l’épidémie de la maladie à virus Bundibugyo constituait une urgence de santé publique de portée internationale. Depuis lors, elle s’est propagée rapidement et le risque d’une diffusion nationale et internationale plus importante reste élevé », a rappelé Tedros Adhanom Ghebreyesus.
Le patron de l’OMS appelle à un partage plus rapide des données, à un financement durable, à des garanties accrues de sécurité et à une coordination transfrontalière renforcée. Parmi ses inquiétudes, le fait que de nombreux décès surviennent en dehors des centres de traitement et hors des listes de contacts suivis, ce qui complique la surveillance.
Le gouvernement congolais refuse de céder au pessimisme. Le ministre de la Santé, Samuel Roger Kamba, souligne que les 55 zones de santé touchées ne représentent qu’environ 8 % du total national. « La riposte est robuste, mais le virus est particulièrement contagieux. Nous découvrons chaque jour de nouvelles données scientifiques qui nous permettent d’adapter nos interventions », affirme-t-il.
Selon les autorités, près de 90 % des cas sont concentrés dans la province de l’Ituri, foyer principal de l’épidémie. Cette flambée est désormais la plus meurtrière de l’histoire du pays.
Des défis sur le terrain
Les équipes médicales doivent composer avec l’insécurité et le manque de moyens. Des incidents ont perturbé les interventions dans plusieurs provinces, et les ambulances restent insuffisantes pour couvrir les zones les plus reculées. Malgré ces obstacles, les autorités sanitaires misent sur la surveillance communautaire et la mobilisation des leaders locaux pour renforcer la confiance et l’efficacité des mesures.
Une rentrée scolaire sous contraintes
Pas question de reporter la rentrée, assure la ministre de l’Éducation nationale, Raissa Malu. Pour les élèves des zones les plus exposées, un dispositif d’enseignement à distance sans internet est prévu, basé sur des supports pédagogiques distribués et des émissions de radio éducatives. « L’objectif est de maintenir l’enfant en activité à la maison », explique-t-elle. Dans les écoles proches des zones touchées, les autorités privilégient le renforcement des mesures d’hygiène afin de limiter les risques de contamination.
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