37 structures spécialisées dans l’assainissement urbain se sont réunies à l’hôtel Rivière Ruzizi pour débattre des défis environnementaux de la ville de Bukavu. Cette activité a été organisée par le Bloc des Organisations de la société civile, représenté par Adolphe Mugula mardi 10 mars 2026.
Lors de cette rencontre, l’ingénieur environnemental Dibene Mungwakonkwa, acteur engagé dans la protection de l’environnement, a souligné l’urgence de renforcer la sensibilisation communautaire et d’améliorer l’organisation du système d’assainissement. Pour lui, la réussite des actions passe par une implication active des chefs d’avenue, qui doivent être encadrés et soutenus financièrement afin de motiver les habitants à participer aux efforts d’assainissement. Il recommande une sensibilisation porte à porte, menée avec l’appui des autorités locales dans le cadre de la décentralisation.
L’ingénieur propose la généralisation des sacs poubelles domestiques pour limiter la dispersion des déchets dans les quartiers, ainsi que l’installation de poubelles publiques destinées aux « déchets orphelins », ces détritus abandonnés qui jonchent régulièrement les rues. Il insiste également sur la nécessité de créer trois à quatre sites de décharge contrôlés, capables de recevoir et de traiter les déchets urbains de manière organisée, afin de pallier l’absence de décharges publiques officielles.
Les participants ont relevé plusieurs obstacles majeurs, la méfiance de certains habitants vis-à-vis des structures d’assainissement, l’éparpillement fréquent des déchets sur les voies publiques, ainsi que la faible implication de l’État, tant sur le plan technique que financier. Ils appellent la mairie à respecter les engagements contractuels avec les acteurs d’assainissement et à redynamiser la brigade d’assainissement pour renforcer les interventions sur le terrain.
Sur le plan financier, le coût d’une poubelle roulante est estimé à environ 120 dollars, tandis qu’un programme de sensibilisation et d’aménagement environnemental nécessiterait près de 1 000 dollars par avenue. Les discussions ont également mis en avant le jardinage urbain comme solution complémentaire, permettant de valoriser les déchets organiques et d’améliorer le cadre de vie.
La question de la mobilité durable et de la qualité de l’air a été soulevée, notamment en lien avec les constructions anarchiques qui aggravent les problèmes d’urbanisme et d’assainissement. Les intervenants estiment qu’une meilleure régulation de l’urbanisation exige une implication accrue de l’État.
Les acteurs présents ont insisté sur la nécessité de renforcer les capacités des organisations locales à travers des partenariats avec la mairie, les églises, les universités et les écoles. Un programme de soutien pourrait ainsi bénéficier à une trentaine de structures, afin de professionnaliser davantage leurs interventions.
Les participants ont déploré l’absence d’études scientifiques approfondies sur la gestion des déchets à Bukavu. Ils estiment qu’une telle recherche serait indispensable pour orienter efficacement les politiques publiques et les stratégies environnementales.
À travers ces propositions, les acteurs environnementaux espèrent transformer le Mois Vert en un véritable levier d’action pour bâtir une ville plus propre, mieux organisée et durable.
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