A bukavu, le feu est devenu un visiteur régulier. « Il ne se passe plus un mois sans qu’un cas d’incendie ne soit signalé ». Ces drames ne se limitent pas à des pertes matérielles, ils emportent des vies, plongent des familles dans une pauvreté accrue et sèment des conflits entre voisins.
La fréquence des incendies s’est intensifiée au fil des années. Les victimes, souvent abandonnées à elles-mêmes, voient leurs maisons reconstruites dans la précipitation, parfois sur les mêmes sites, sans aucune mesure de prévention. Les causes sont multiples et bien connues, constructions anarchiques, ignorance des règles de sécurité, imprudence des habitants, installations électriques défectueuses, usage non sécurisé des panneaux solaires ou des réchauds à gaz, et mauvaise gestion des produits inflammables dans les ménages.
Certains quartiers apparaissent comme des foyers particulièrement vulnérables. Ndendere, Panzi, Mulambula, Cikonyi, Cahi, Nkafu, Nyakaliba, Nyamugo et Kasali sont régulièrement cités parmi les zones les plus exposées. Leur densité, la précarité des habitations et l’absence de planification urbaine en font des terrains propices aux catastrophes.
Les impacts sont dévastateurs. Les familles perdent tout, parfois même leurs proches. La pauvreté s’aggrave, les conflits parcellaires se multiplient, les enfants sont déscolarisés et les traumatismes psychologiques s’installent durablement. La reconstruction, loin d’être une solution apaisante, devient un parcours semé d’embûches : tracasseries administratives, absence de titres fonciers, querelles autour des parcelles.
Face à cette réalité, Julien Namegabe acteur de la société civile appelle à une prise de conscience collective. Il recommande de mettre fin aux constructions anarchiques, de sensibiliser les communautés aux risques et aux conséquences des incendies, d’élargir la ville pour réduire la surpopulation, et surtout d’appliquer la loi sur l’habitation. Pour lui, les incendies doivent devenir une question de débat public, afin que les habitants et les autorités s’engagent ensemble dans la prévention.
Bukavu brûle trop souvent. Et tant que les flammes ne seront pas combattues par une volonté commune, elles continueront de consumer non seulement les maisons, mais aussi l’avenir des familles.
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