Le bulletin hebdomadaire de l’Observatoire du Numérique et de l’Actualité (ONAC), réalisé avec le Collectif 24, dresse un bilan inquiétant de la situation sanitaire en République démocratique du Congo au mois de juin 2026. L’épidémie d’Ebola, souche rare Bundibugyo, a franchi un seuil critique avec 1 155 cas confirmés et 304 décès. L’Organisation mondiale de la santé a classé cette flambée comme une urgence de santé publique internationale. La crise a pris une dimension mondiale avec 20 cas confirmés en Ouganda et un premier cas importé en France le 24 juin.
Mais ce bulletin ne se limite pas aux chiffres. Il met aussi en lumière une autre menace, la désinformation. Entre le 1er et le 28 juin, 142 rumeurs et fausses informations ont circulé. Les équipes de l’ONAC ont répondu par 98 démentis et corrections, soit un taux de riposte de 69 %. Cette infodémie numérique, d’une intensité inédite, a amplifié la peur et la méfiance, transformant la crise sanitaire en crise de confiance.
En Ituri, l’épicentre de l’épidémie avec plus de 1 054 cas, les rumeurs vont jusqu’à inciter au sabotage des centres de traitement Ebola peut-on lire de dans ce rapport hebdomadaire. Au Nord-Kivu, où 98 cas ont été confirmés, la désinformation s’appuie sur le conflit armé avec le M23 pour présenter l’épidémie comme une arme géopolitique. Au Sud-Kivu, avec seulement 3 cas et 1 décès, les rumeurs exploitent l’idée d’une « immunité naturelle » des populations locales. À Kinshasa, indemne sur le plan sanitaire, la capitale devient une caisse de résonance des théories complotistes, notamment après l’annonce du cas en France poursuit ONAC dans ce bulletin hebdomadaire.
Le bulletin hebdomadaire de l’ONAC propose une série de recommandations pour renforcer la riposte. Il appelle à décentraliser la communication avec des points de presse quotidiens dans les zones touchées, à protéger les innovations médicales comme l’essai clinique EboPEP et l’antiviral obeldésivir contre les campagnes de désinformation,mais aussi associer l’isolement médical à une aide alimentaire pour éviter les fuites de cas contacts. Il insiste aussi sur l’importance de formats courts en langues locales pour expliquer simplement les enjeux, d’un fact-checking en direct dans les émissions interactives, et de l’authentification des alertes via la ligne verte de l’ONAC.
L’ONAC, une organisation congolaise sans but lucratif, se présente comme une sentinelle de la vérité sanitaire. En juin, elle a modernisé son dispositif technique et renforcé sa collaboration avec les scientifiques de l’essai EboPEP pour ériger un véritable bouclier informationnel autour des protocoles de prophylaxie post-exposition. Dans un contexte où la désinformation menace autant que le virus lui-même, le bulletin rappelle que la gestion de l’information est désormais un pilier essentiel de la riposte.
Signalons que l’ONAC est une organisation sans but lucratif qui rassemble une synergie d’experts ; chercheurs en santé publique, journalistes d’investigation , spécialistes de la communication de crise et des profossionnels du fact-cheking, spécialisée dans le monitoring des écosystemes numériques , la cybersécurité citoyenne et la neutralisation de la desinformation en particulier lors des crises sanitaires et sociales majeures. Sa mission s’articule sur différents axes stratégiques entre autres detecter et juguler, garantir la transparence , autonomiser les communautés et défendre les droits numériques.
Par la Rédaction





