Le programme Mois Vert, initié par la Coopération Suisse, poursuit son chemin avec l’implication de nombreux acteurs universités, organisations de la société civile, médias et autorités locales autour d’un objectif commun : sensibiliser la population à la responsabilité citoyenne et plaider pour redonner à Bukavu son image d’antan, celle d’une ville verte.
Dans ce cadre, l’Université Évangélique en Afrique (UEA) a organisé une conférence-débat consacrée à la gestion des déchets, en mettant un accent particulier sur le rôle des femmes et les idées innovantes pour un assainissement durable.
Le Professeur Mushagalusa Nacigera, recteur honoraire, a rappelé que la femme est une actrice clé dans la gestion et la transformation des déchets. À travers ses responsabilités domestiques, elle assure le ramassage, le tri et le maintien de la propreté des ménages. Mais son rôle dépasse le cadre familial, elle participe aux activités communautaires d’assainissement, s’engage dans l’économie informelle et joue un rôle de sensibilisation au sein des associations locales.
La femme est également actrice du changement et du leadership communautaire. Elle contribue à l’éducation environnementale des enfants, encourage les voisins à adopter de bonnes pratiques d’hygiène et favorise le tri à la source.
Son potentiel entrepreneurial est mis en avant dans des initiatives telles que le compostage des déchets organiques, la fabrication de briquettes combustibles, la transformation des plastiques en pavés ou objets utilitaires, et la production d’engrais organiques pour l’agriculture urbaine. Ces activités génèrent des revenus tout en renforçant l’économie circulaire et en améliorant l’environnement urbain.
L’approche genre dans la gestion des déchets apparaît ainsi comme un levier stratégique. L’intégration des femmes dans les programmes d’assainissement améliore l’efficacité des politiques publiques, favorise leur autonomisation économique et valorise leurs savoirs traditionnels. Elle contribue aussi à la santé publique et à la sécurité sanitaire, en réduisant les risques liés à l’insalubrité.
La rectrice de l’UEA, Professeure Ngongo Fatuma, a reconnu le rôle et la place des femmes dans la gestion et la transformation des déchets. Elle a invité les participantes, leaders religieuses membres d’organisations de la société civile, scientifiques, étudiantes et élèves à devenir des ambassadrices de l’environnement partout où elles se trouvent. Elle a toutefois rappelé que l’appui des autorités reste indispensable pour que les efforts conjugués aboutissent à des résultats durables.
De son côté, le directeur de la Coopération Suisse en RDC, Thomas Jenatsch, a salué cette initiative et souligné que le Mois Vert doit être perçu comme le début d’un réveil collectif. « Ce programme est une opportunité de mobiliser toutes les énergies citoyennes afin de freiner la dégradation de notre cadre de vie », a-t-il déclaré, en insistant sur l’importance de l’engagement des femmes dans ce processus.
Par Sylvie Nabintu





