Environnement

S.O.S. Kahuzi-Biega : Un cri de ralliement pour sauver le patrimoine mondial en péril

À l’occasion de la Journée du patrimoine mondial africain, célébrée ce 5 mai 2026 sous le thème évocateur : « Célébrer le patrimoine africain, mentorer les acteurs de demain », une voix s’élève depuis l’Est de la République Démocratique du Congo. Ladislas WITANENE, jeune mentoré au sein du Programme pour les professionnels africains du patrimoine mondial, lance un avertissement solennel.

Le constat est sans appel : la partie de haute altitude du Parc national de Kahuzi-Biega (PNKB), véritable sanctuaire de biodiversité, est au bord de l’asphyxie. Si un sursaut collectif n’intervient pas immédiatement, ce joyau inscrit au patrimoine mondial de l’humanité pourrait purement et simplement disparaître.

Depuis le début de l’année 2024, le parc subit une offensive multidimensionnelle. Ce secteur vital est pris en étau entre l’exploitation illégale des ressources et l’insécurité croissante. La liste des agressions est longue et alarmante : Exploitation minière illicite, production massive de charbon de bois (makala), sciage de bois d’œuvre et braconnage, Infiltration de groupes armés, occupations clandestines et litiges fonciers qui sapent l’autorité de l’État, Ces pressions poussent le Gorille de Grauer, espèce emblématique et unique au monde, vers une extinction irréversible.

Face à cette agonie silencieuse, Ladislas WITANENE exhorte les parties prenantes à transformer les discours de célébration en actes concrets à travers huit piliers d’urgence : Lever le voile sur l’ampleur réelle des menaces qui pèsent sur le PNKB, Interdire rigoureusement toute activité illicite et poursuivre les commanditaires des réseaux de pillage, Renforcer les moyens logistiques et sécuritaires des éco-gardes dans les zones de haute pression, Investir massivement dans la jeunesse locale engagée pour la sauvegarde des sites en péril, Intensifier les projets de développement durable au profit des communautés riveraines pour offrir des alternatives économiques, Ériger la protection du PNKB au rang d’urgence africaine absolue auprès de l’Union Africaine et de l’UNESCO, Coordonner l’aide aux communautés pour qu’elle s’aligne sur les objectifs de conservation, Identifier et pointer du doigt les instigateurs de la destruction du parc, qu’ils soient locaux ou extérieurs.

L’avertissement de Ladislas WITANENE est aussi un appel à la conscience citoyenne. Si les communautés locales et peuples autochtones sont les premières gardiennes du parc national de kahuzi biega, elles seront aussi les premières victimes de son effondrement. La disparition de la forêt de haute altitude entraînerait des conséquences climatiques et sociales désastreuses : érosion des sols, tarissement des sources d’eau, perte de revenus touristiques et accélération de la pauvreté.

« Nous ne pouvons pas tolérer que le patrimoine de l’humanité soit sacrifié sur l’autel d’intérêts immédiats et illégaux. Protéger le Kahuzi-Biega, c’est protéger notre avenir. »

 

Rédaction 

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