En 2025, l’équipe de Réponse d’Urgence et Surveillance au Congo (RUSC) de Médecins Sans Frontières (MSF) s’est retrouvée en première ligne dans l’est de la République démocratique du Congo. Avec six opérations d’urgence menées dans les provinces du Sud-Kivu et du Maniema, un chiffre important depuis deux ans, son action illustre l’ampleur de la crise humanitaire dans une région où les financements se raréfient.
Le RUSC, composé d’une vingtaine de spécialistes, peut se déployer en 72 heures. Sa mission, répondre aux urgences sanitaires en s’appuyant sur des indicateurs précis comme la létalité ou la vitesse de propagation d’une épidémie.
– Grâce à une dizaine de motos, l’équipe atteint des zones enclavées où les routes sont impraticables.
– Ses interventions sont temporaires, de quelques semaines à plusieurs mois, contrairement aux projets réguliers de MSF qui s’étendent sur plusieurs années.
– Elle agit en appui aux structures de santé locales, souvent dépassées par l’urgence.
Un bilan marqué par des épidémies et des déplacements massifs
En 2025, le RUSC a dû faire face à plusieurs crises simultanées,
– Rougeole : trois opérations dans le Maniema (Kasongo, Kabambare) et au Sud-Kivu (Minova). Résultat : 75 000 enfants vaccinés et 4 500 patients pris en charge.
– Choléra à Lomera : 11 000 personnes vaccinées et 760 malades soignés.
– Populations déplacées à Katana, Kalehe et Bunyakiri : 35 000 consultations médicales, 10 800 hospitalisations, prise en charge des enfants malnutris et des survivantes de violences sexuelles, appui aux accouchements et aux interventions chirurgicales.
L’arrivée du groupe armé AFC/M23 au Sud-Kivu en février 2025 a rendu l’accès aux populations encore plus complexe.
– La moitié des interventions ont eu lieu dans des zones sous contrôle du M23. MSF a dû négocier avec les Wazalendo et le M23 pour sécuriser des routes stratégiques, notamment vers Bunyakiri, où aucun autre acteur humanitaire n’était présent.
Ainsi que la neutralité et l’impartialité de MSF ont permis de travailler des deux côtés du conflit, malgré des retards et des risques accrus.
À Kabambare, dans le Maniema, l’équipe a réussi à administrer quatre vaccins, dont un contre le Rotavirus, une première dans la région. Le maintien de la chaîne du froid entre Kindu et Kabambare a été un défi logistique relevé avec succès.
Cette opération a renforcé la vaccination de routine et amélioré la couverture vaccinale dans une province particulièrement enclavée. La fermeture de l’aéroport de Bukavu a compliqué l’acheminement des médicaments et du personnel, rendant l’intervention encore plus cruciale.
En 2025, le RUSC a prouvé sa capacité d’intervention dans des conditions extrêmes, sauvant des milliers de vies malgré les obstacles logistiques et sécuritaires. Ses actions ont marqué une année de mobilisation exceptionnelle dans l’est de la RDC. En 2026, l’équipe reste en alerte, prête à répondre aux nouvelles urgences dans un contexte où la guerre et l’effondrement du système de santé rendent son rôle plus indispensable que jamais.
Par Sylvie NABINTU





