Dans l’Est de la République démocratique du Congo, la rentrée scolaire s’annonce sous le signe de l’angoisse pour des milliers d’enfants déplacés. La guerre qui secoue les provinces du Nord et du Sud-Kivu a laissé derrière elle une génération meurtrie. Certains ont perdu leurs parents, d’autres vivent encore avec leurs familles mais dans une extrême pauvreté, incapables de réunir les moyens nécessaires pour assurer la scolarité de leurs enfants. À quelques jours de la reprise des cours, l’accès à l’éducation demeure une question majeure et préoccupante pour des familles déjà fragilisées par l’insécurité et la précarité.
Les enfants de l’Est de la RDC sont parmi les plus exposés aux conséquences des violences armées. Beaucoup ont vu leurs écoles détruites ou transformées en sites de déplacés. D’autres ont été contraints de fuir avec leurs familles, abandonnant leurs cahiers et leurs uniformes derrière eux. Dans les camps de déplacés, les conditions de vie sont précaires, manque de nourriture et traumatismes psychologiques. Selon les données humanitaires, plus de 1,4 million de personnes sont déplacées internes dans le Sud-Kivu, dont une majorité d’enfants. La malnutrition frappe aussi, près de 1 800 enfants souffrent de malnutrition aiguë sévère et plus de 6 600 de malnutrition modérée. Ces chiffres traduisent une crise humanitaire qui compromet non seulement la santé mais aussi l’avenir scolaire des enfants.
Lors d’une interview accordée à votre media Lifeinfos mercredi 19 août 2026, Madame Colette Salima, coordinatrice de Congo Hope Initiative, a décrit une réalité bouleversante. « Depuis le début de la guerre à l’Est de la RDC, beaucoup d’enfants déplacés traversent une situation humanitaire très préoccupante. Bon nombre d’entre eux ont perdu leurs parents, leurs familles. Certains se trouvent dans des camps de déplacés, d’autres ont trouvé refuge dans des familles d’accueil. Mais partout, c’est le même constat : pas de moyens pour se nourrir, pas de soins de santé efficaces et pas de fournitures scolaires pour retourner à l’école », a-t-elle déclaré.
Elle ajoute, « La rentrée scolaire approche, nous avons constaté que les enfants victimes de conflits armés risquent de rentrer à l’école mais avec une grande difficulté. Suite au faible revenu dans la ville de Bukavu et même dans les environs, la situation économique qui reste très critique, l’insécurité, le manque de fournitures scolaires… plusieurs ménages peinent à réunir les moyens nécessaires pour permettre à leurs enfants de reprendre le chemin de l’école dans de bonnes conditions. »
Dans les quartiers périphériques de Bukavu comme dans les territoires ruraux, les familles déplacées vivent dans une détresse silencieuse. Les enfants, souvent orphelins ou issus de ménages appauvris, se préparent à une rentrée scolaire sans cahiers, sans uniformes et parfois sans repas quotidien. Les enseignants eux-mêmes témoignent de classes surchargées, où les enfants déplacés arrivent traumatisés et sans matériel. L’éducation, censée être un droit fondamental, devient un luxe inaccessible pour une partie de la jeunesse congolaise. Cette situation menace de creuser davantage les inégalités et de compromettre l’avenir d’une génération entière.
Face à cette crise, Colette Salima lance un appel, « nous demandons aux organisations humanitaires et à toute personne de bonne volonté de venir en aide à ces familles et à ces enfants, pour qu’ils puissent rentrer à l’école dans de bonnes conditions et avec dignité. » Elle plaide pour la fourniture de kits scolaires, le renforcement de l’accès aux soins et une assistance alimentaire régulière. Pour elle, il est urgent que la communauté nationale et internationale se mobilise afin que l’école reste un espace de protection et d’espoir pour les enfants du Sud-Kivu.
Par Nathalie Simbeko





