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Sud-Kivu : À Idjwi, l’accès à l’école reste un luxe interdit aux enfants des peuples autochtones

À quelques semaines de la rentrée scolaire 2026-2027 en République Démocratique du Congo (RDC), une crise silencieuse secoue le territoire d’Idjwi. Dans cette île du Sud-Kivu, les enfants et les jeunes peuples autochtones subissent une exclusion qui les prive de leur droit le plus fondamental à l’instar l’éducation.

Sur l’île d’Idjwi, le constat est alarmant et les chiffres parlent d’eux-mêmes dans la chefferie de Rubenga plus de 350 enfants de l’école primaire et plus de 120 jeunes du secondaire sont condamnés à rester en marge du système scolaire mais aussi dans la chefferie de Ntambuka plus de 230 écoliers du primaire et plus de 150 élèves du secondaire ne pourront pas accéder aux salles de classe.

Au total, des centaines d’enfants sont victimes de la pauvreté absolue de leurs parents. Pourtant, la RDC a promulgué la loi N° 22/030 du 15 juillet 2022 portant protection et promotion des droits des peuples autochtones. Malgré ce cadre juridique et les discours officiels sur la gratuité de l’enseignement primaire, la scolarisation réelle de ces enfants est quasi inexistante à Idjwi.

Cette exclusion sociale pousse la communauté à craindre pour son avenir et à se poser de graves questions : nos enfants ne méritent-ils pas d’étudier ? Leur place n’est-elle pas à l’école ?  à l’approche de la rentrée, l’angoisse des parents grandit face au désengagement progressif des partenaires humanitaires et à la rareté de la solidarité locale.

Pourtant, la RDC dispose de textes juridiques solides protégeant ces communautés, par ailleurs reconnues comme les gardiennes par excellence de la biodiversité et des écosystèmes. Mais sur le terrain, la réalité bafoue le droit. Ladislas Witanene, défenseur des droits des peuples autochtones dans l’Est de la RDC, tire la sonnette d’alarme : « L’avenir d’une communauté réside d’abord dans son éducation. Sans instruction, aucun enfant autochtone du territoire d’Idjwi ne pourra accéder à un emploi décent, occuper un poste d’autorité, ni contribuer à l’émergence de son territoire ou de la nation congolaise. »

Aujourd’hui, s’asseoir sur un banc d’école est devenu un luxe inaccessible, hypothéquant l’avenir de toute une génération

Ladislas WITANENE, lance un appel urgent à la mobilisation générale pour briser ce cycle d’exclusion avant le démarrage effectif de l’année scolaire 2026-2027, des actions concrètes sont indispensables :

· Au gouvernement congolais de Garantir de toute urgence l’accès gratuit, effectif et sans condition des enfants des peuples autochtones à l’école et aux centres de formation professionnelle,

· Aux organisations nationales et internationales d’ intégrer la prise en charge scolaire et l’appui aux infrastructures éducatives pour ces enfants dans leurs programmes humanitaires et de développement.

· Aux donateurs et personnes de bonne volonté de financer et distribuer des kits et fournitures scolaires pour alléger le fardeau des familles les plus démunies.

· Aux acteurs de terrain de mettre en place des programmes d’apprentissage des métiers pour les jeunes, ainsi que des cours de rattrapage nutritionnel et scolaire (tutorat) pour les enfants ayant dépassé l’âge légal de scolarisation.

Les enfants autochtones sont des Congolais à part entière. Il est grand temps qu’ils bénéficient des mêmes opportunités et des mêmes chances de réussite que tous les autres fils et filles du pays.

 

Rédaction 

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