Le village de Bohozi, sous-village de Luhorhe au Sud-Kivu est aujourd’hui au cœur d’une crise humanitaire aiguë. Selon un rapport d’évaluation rapide du Congo Basin Conservation Society-Network consulté par LifeInfos vendredi 24 avril 2026, les catastrophes naturelles répétées depuis 2024, les glissements de terrain et les éboulements massifs ont dévasté les infrastructures vitales et plongé la population dans une précarité extrême. L’ensemble des secteurs vitaux est touché, révélant une crise systémique où chaque problème renforce les autres.
Sur le plan sanitaire, la contamination des sources d’eau a entraîné une recrudescence des maladies hydriques, notamment diarrhées et cas suspects de choléra. Le paludisme progresse avec la stagnation des eaux, tandis que les structures de santé endommagées et la pénurie de médicaments limitent la prise en charge. À ces difficultés s’ajoutent des traumatismes physiques et une détresse psychosociale croissante. La réponse doit combiner approvisionnement en médicaments, réhabilitation des structures et campagnes de sensibilisation.
L’accès à l’eau et à l’assainissement est gravement compromis. La destruction des points d’eau potable et l’absence de latrines fonctionnelles favorisent la propagation des maladies liées au manque d’hygiène. La réhabilitation des sources, la distribution de kits d’hygiène et la construction de latrines d’urgence apparaissent comme des priorités immédiates.
La sécurité alimentaire est également menacée. La destruction des cultures et des réserves vivrières a provoqué une insécurité alarmante. Les ménages réduisent leurs repas quotidiens, la malnutrition s’aggrave, et la dépendance à l’aide extérieure devient incontournable. La relance agricole par la distribution de semences et d’outils est indispensable pour éviter un effondrement durable.
Le secteur éducatif n’est pas épargné. Les écoles détruites et le manque de fournitures interrompent la scolarité, exposant les enfants au risque d’abandon scolaire, surtout ceux déplacés. La réhabilitation des infrastructures et la mise en place d’espaces temporaires d’apprentissage sont nécessaires pour préserver l’avenir éducatif.
La question des abris illustre la vulnérabilité des ménages. La destruction des habitations a entraîné des déplacements vers des zones non sécurisées. Le manque d’abris d’urgence et de biens essentiels accentue la fragilité des familles. La construction d’abris temporaires et la distribution de kits de survie sont des besoins pressants.
L’environnement, déjà fragilisé, subit les effets du déboisement et de l’érosion des sols. Ces phénomènes accroissent les risques de nouvelles catastrophes et perturbent l’équilibre écologique. Des activités de reboisement et de stabilisation des sols, associées à des pratiques agroécologiques, doivent être mises en œuvre pour restaurer la résilience environnementale.
Ce rapport souligne la montée des violences basées sur le genre, avec des cas d’agressions et d’exploitation sexuelle. La mise en place de mécanismes de protection et de sensibilisation est essentielle pour protéger les populations vulnérables, en particulier les femmes et les enfants.
La crise de Bohozi est systémique, la santé dépend de l’eau potable, l’éducation de la stabilité des familles, la sécurité alimentaire de l’environnement. Sans une réponse humanitaire coordonnée et multisectorielle, la survie et la dignité des habitants sont menacées. Le rapport insiste sur l’urgence d’une action concertée entre autorités locales, société civile et partenaires internationaux, afin de soulager les souffrances immédiates, relancer les moyens de subsistance et bâtir une résilience durable face aux chocs climatiques futurs.
Par Sylvie NABINTU




