Société

Sud-Kivu : 45.000 retournés vivent le calvaire à ziralo

Ils ont cru retrouver leur chez-eux, ils n’ont trouvé que des ruines. À Ziralo, dans le territoire de Kalehe au Sud-Kivu, le retour tant espéré vire au cauchemar. Ils sont environ 45.000, soit près de 9.000 ménages, à avoir repris le chemin de leurs villages depuis quelques jours, les baluchons sur la tête, les enfants sur le dos, avec l’espoir de tout recommencer.

Mais une fois arrivés, le choc est brutal. Plus de toits, plus de portes. Des maisons éventrées, réduites en cendres, des greniers vides, des champs piétinés et saccagés. C’est la désolation totale. Des familles entières dorment aujourd’hui à la belle étoile, sans nourriture, sans eau potable, sans médicaments.

 Les plus faibles, les femmes enceintes, les enfants et les vieillards, paient le plus lourd tribut. La faim se lit sur les visages, la maladie guette. » Plusieurs villages ont subi des pillages et des destructions. Des champs ont également été endommagés. Les gens sont revenus, mais ils n’ont plus rien « , témoigne avec amertume Ezekiele Bahati Justin, coordonnateur de la MSCO à Ziralo, contacté par LifeInfos.net.

Sur place, le cri de détresse est unanime. L’homme lance un appel pressant à l’aide. « Nous avons besoin d’une assistance urgente pour les populations retournées, notamment en vivres, en biens non alimentaires et en médicaments. Les gens meurent de faim et de maladies faute de soins », alerte-t-il.

Au-delà de cette urgence qui ne peut plus attendre, la population a besoin de se relever durablement. Il faut réparer les adductions d’eau détruites, réapprovisionner les centres de santé aujourd’hui vides et donner des semences aux paysans qui n’ont plus que leurs bras pour cultiver une terre dévastée. Mais pour la société civile de Ziralo, tout cela ne servira à rien sans le retour de la paix. La sécurité reste la condition sine qua non. Sans elle, ces 45.000 âmes qui ont osé revenir risquent de reprendre la route de l’exil, et des milliers d’autres déplacés n’oseront jamais rentrer chez eux.

 

Par Bertin BYAMUNGU

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