L’accès limité à l’eau potable et aux installations sanitaires plonge les habitants du territoire de Shabunda, au Sud-Kivu, dans une situation humanitaire et sanitaire critique. Selon un rapport de Médecins Sans Frontières (MSF), plus de 260 000 personnes sont exposées à des épidémies de rougeole et de choléra.
Cette crise est aggravée par les déplacements forcés et les violences armées. MSF a déployé du personnel, des stocks de médicaments et du matériel indispensable pour assurer une prise en charge immédiate. Les chiffres des autorités locales témoignent de la gravité, depuis le 3 juillet, le choléra a touché 1 002 personnes et causé 39 décès, tandis que la rougeole a déjà fait 7 620 cas et 467 décès, soit un taux de létalité alarmant de 6 %.
« À Shabunda, l’accès limité à l’eau potable et à l’assainissement expose davantage les populations aux maladies hydriques telles que le choléra. Parallèlement, l’isolement de la zone et les difficultés pour acheminer les vaccins perturbent la vaccination de routine, laissant de nombreux enfants vulnérables », explique le Dr Didier Butara, coordinateur de projet MSF.
Selon OCHA, en mars 2026, la province comptait 1,56 million de déplacés internes et 1,58 million de personnes retournées. À Shabunda, 113 000 déplacés et 71 500 retournés exercent une pression supplémentaire sur des services de santé fragilisés, favorisant la propagation des maladies.
Face à cette urgence, MSF a mis en place un centre de traitement du choléra (CTC) à l’hôpital général de référence, trois centres intermédiaires à Mungembe, Ndea et Kinkobongo/Kamushale, ainsi qu’une campagne de vaccination contre la rougeole. Entre le 3 juillet et le 21 août, 1 161 patients atteints de rougeole et plus de 500 cas de choléra ont été pris en charge.
« Au regard des besoins persistants, notamment chez les enfants et les femmes enceintes, MSF appelle à renforcer les capacités de réponse aux urgences sanitaires et à garantir un accès effectif aux soins pour les populations les plus vulnérables », conclut Dr Butara.
par Nathalie Simbeko





