En pleine soutenance publique tenue à l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP) de Bukavu, deux étudiantes de la section Gestion Commerciale et Administrative, Marie-Reine Akonkwa Ntampaka et Lydie Shukuru Baderha, ont défendu avec distinction un mémoire consacré à la valorisation de la filière ananas dans le territoire d’Idjwi vendredi 04 septembre 2026. Leur projet, axé sur l’implantation d’une unité de production de jus naturel, a séduit le jury par sa pertinence scientifique et son impact socio-économique potentiel.
Un contexte agricole riche mais sous-exploité
Le territoire d’Idjwi, situé sur le lac Kivu, bénéficie de sols volcaniques fertiles et d’un climat tropical favorable à la culture fruitière. L’ananas y occupe une place importante dans l’économie agricole locale. Pourtant, faute d’unités de transformation, une grande partie de la production est vendue à l’état brut ou perdue après récolte. Les producteurs, confrontés à des prix bas et à des pertes post-récolte, voient leurs revenus limités malgré l’abondance de la ressource.
Le mémoire propose la création d’une unité de transformation à Mugote dans la chefferie Ntambuka en territoire d’Idjwi, capable de produire environ 2 000 litres de jus par an à partir de la récolte locale. Le prix de vente envisagé est de 1,50 dollar par litre, ce qui permettrait de générer des revenus tout en réduisant les pertes agricoles. L’étude s’appuie sur des outils financiers classiques (VAN, TRI, plan de trésorerie) pour démontrer la rentabilité du projet sur une période de cinq ans.
Une chaîne de valeur intégrée
Au-delà de la production, les étudiantes mettent en avant la création d’une chaîne de valeur reliant directement les producteurs d’Idjwi aux consommateurs de Bukavu. Cette approche vise à renforcer la compétitivité des produits agricoles locaux, à stimuler l’entrepreneuriat agroalimentaire et à favoriser l’autonomisation économique des communautés rurales, notamment des jeunes et des femmes.
Sur le plan scientifique, ce travail enrichit la littérature sur la transformation agroalimentaire et la gestion de projets en République Démocratique du Congo. Sur le plan social, il ouvre des perspectives de création d’emplois et de réduction de la pauvreté rurale. Enfin, il répond à une demande croissante des consommateurs urbains pour des boissons naturelles de qualité, produites localement.
Une soutenance exemplaire
En défendant ce mémoire avec rigueur et distinction, Marie-Reine Akonkwa Ntampaka et Lydie Shukuru Baderha illustrent la manière dont la recherche universitaire peut déboucher sur des initiatives concrètes, capables de transformer durablement l’économie locale. Leur projet constitue un modèle d’innovation appliquée au service du développement du Sud-Kivu.
David BALIBONERA




