Après la création de l’observatoire provincial pour la gouvernance climatique et environnementale (OGCE), Epena engage la territorialisation de la justice climatique à travers les dynamiques locales pour la justice climatique (DLJC).
La gouvernance climatique ne doit plus se limiter aux décisions prises dans les institutions. Elle doit se construire avec les communautés, au cœur des territoires et au plus près des populations directement concernées par la gestion des ressources naturelles.
C’est dans cette perspective que l’Environmental and Peace Network in Africa (Epena) franchit une nouvelle étape dans son engagement pour la justice climatique en province de l’Équateur, avec la mise en place des dynamiques locales pour la justice climatique (DLJC) dans le territoire d’Ingende.
Cette initiative intervient après la signature de l’arrêté provincial portant création de l’observatoire pour la gouvernance climatique et environnementale (OGCE), une avancée majeure pour une gouvernance environnementale participative, transparente et responsable dans la province de l’Équateur.
Ingende et Bikoro : faire de la justice climatique une réalité locale
Territoire doté d’un important patrimoine forestier et hydrologique, Ingende constitue un espace stratégique pour la préservation de la biodiversité, la régulation climatique et la protection des moyens de subsistance des communautés locales et des peuples autochtones.
Pourtant, celles et ceux qui vivent au quotidien dans ces écosystèmes restent souvent peu associés aux décisions concernant leurs terres, leurs forêts et les bénéfices issus des initiatives climatiques.
À travers les DLJC, Epena veut inverser cette tendance en faisant des communautés de véritables actrices de la gouvernance climatique.
Ces dynamiques locales auront pour mission de promouvoir :
– la participation citoyenne à la gestion des ressources naturelles ;
– la reconnaissance et la protection des droits des peuples autochtones et des communautés locales ;
– la participation effective des femmes et des jeunes aux décisions environnementales ;
– la transparence dans les financements climatiques, les initiatives REDD+ et les mécanismes de partage des bénéfices ;
– la prévention des conflits liés à la terre et aux ressources naturelles ;
– le développement d’alternatives économiques durables compatibles avec la conservation des écosystèmes.
De l’observatoire provincial à l’action communautaire
L’ambition d’Epena est de créer une articulation fonctionnelle entre l’OGCE au niveau provincial et les DLJC au niveau des territoires, des ETD et des communautés. Il s’agit de mettre en place un mécanisme de gouvernance ascendante où les préoccupations des populations sont documentées, analysées et portées auprès des institutions compétentes.
Cette approche vise à renforcer le suivi citoyen des engagements environnementaux, la redevabilité des acteurs et la prévention des tensions qui peuvent compromettre les initiatives de conservation et de développement.
Pour Epena, la protection des forêts ne peut être durable que si elle s’accompagne de la protection des droits, de l’amélioration des conditions de vie et de la participation effective des populations qui en dépendent.
Une vision : des communautés au cœur des décisions climatiques
À travers cette initiative, Epena ambitionne de contribuer à l’émergence d’un modèle provincial de gouvernance climatique territorialisée, qui pourrait être progressivement reproduit dans les autres territoires de l’Équateur. « La justice climatique ne se décrète pas uniquement dans les institutions, elle se construit dans les territoires, avec les communautés et au bénéfice des générations présentes et futures. »
Cette dynamique traduit une conviction, les communautés locales et les peuples autochtones ne doivent plus être considérés comme de simples bénéficiaires des politiques environnementales, mais comme des partenaires incontournables et des acteurs à part entière de la gouvernance climatique. Cette activité est réalisée avec l’appui du Fund Global for Human Right (FDHM).
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