Dans un monde où les défis environnementaux s’intensifient, certaines voix s’élèvent pour transformer les problèmes en solutions durables. Parmi elles, celle de Joëlle Mujijima Buhendwa, fondatrice et présidente d’AstiFerme, une entreprise qui redonne vie aux déchets ménagers grâce à l’élevage de la mouche soldat noire.
Ingénieure agronome diplômée de l’Université Catholique de Bukavu et titulaire d’un master en production végétale, Joëlla incarne une nouvelle génération de femmes entrepreneures africaines, audacieuses et visionnaires. Lauréate du Women in Agriculture Award 2025, elle s’est distinguée par son engagement en faveur d’une économie circulaire durable, tout en occupant des rôles de leadership comme vice-présidente du club U-Report Filles, ambassadrice de la paix pour la gestion des conflits et veilleuse du web à l’UNICEF.
« Ils ont vu les ordures, moi j’ai vu de l’or dur. » Cette phrase résume son état d’esprit. Là où d’autres percevaient des déchets, elle a vu une opportunité. AstiFerme est née de cette vision, transformer les restes de table, les déchets de restaurants ou d’abattoirs en protéines pour l’alimentation animale et en engrais naturel. Les larves de la mouche soldat noire deviennent ainsi un outil puissant de valorisation, produisant également des huiles pour la cosmétique, du biodiesel et même du biogaz.

Le chemin n’a pas été simple. Les préjugés sociaux ont longtemps pesé : « On me disait qu’une femme ne pouvait pas travailler avec des déchets. » Mais Joëlla a su dépasser les jugements et relever les défis techniques liés à l’élevage et à la structuration de son entreprise. Aujourd’hui, AstiFerme est une référence, créant des emplois, formant des jeunes et des femmes, et contribuant à la réduction du chômage.

Son ambition est claire, voir les produits d’AstiFerme franchir les frontières, jusqu’au Texas, tout en continuant à renforcer l’indépendance économique des femmes dans sa communauté.
À celles qui hésitent encore à se lancer, elle adresse un message fort , « Ne laissez pas les autres définir vos limites. Si on vous dit que ce n’est pas pour vous, avancez quand même. Les obstacles ne doivent pas devenir vos frontières. » a-t-elle conclue
Cet article est produit en partenariat avec l’Observatoire Écho Voix Féminine, qui œuvre pour la visibilité et la valorisation des initiatives féminines.




