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Mali : Maliya, la plateforme qui donne une vitrine numérique aux entreprises maliennes

Née et élevée en Europe, Kayani Traoré a lancé Maliya, un annuaire numérique gratuit qui recense déjà plus de 150 entreprises, associations et institutions maliennes. Son ambition est simple, faire de cet outil un réflexe pour quiconque cherche à connaître ou à travailler avec l’écosystème économique malien.

Une vitrine pour les structures invisibles

Maliya part d’un constat partagé par beaucoup de membres de la diaspora. Au Mali, les talents et les savoir-faire existent, mais le lien entre eux fait souvent défaut. Pour trouver un prestataire fiable, on dépend encore largement du bouche-à-oreille. La plateforme veut combler ce vide en regroupant sur une même fiche tout ce qui permet à une entreprise d’inspirer confiance, une présentation de son activité, des photos de son travail, sa localisation, ses horaires, ses réseaux sociaux et un contact direct via WhatsApp.

Cette approche s’adresse en priorité aux très petites structures, artisans, commerçantes ou transformatrices, souvent éloignées des outils numériques classiques. Plutôt que de leur demander de devenir expertes du digital, l’équipe de Maliya prend en charge la création des fiches à partir des informations envoyées par WhatsApp, et s’engage à rencontrer chaque structure sur son lieu de travail pour construire une relation de confiance. Le service reste entièrement gratuit, un choix que la fondatrice tient à préserver, la pérennité du projet reposant plutôt sur des partenariats avec des institutions, des ONG et des acteurs publics ou privés.

Femmes entrepreneures et diaspora, deux leviers mis en avant

La plateforme met volontairement en lumière les entreprises dirigées par des femmes, déjà très présentes dans l’entrepreneuriat malien selon Kayani Traoré. Plutôt que de créer quelque chose à leur place, Maliya cherche à amplifier une dynamique existante en relayant appels à projets, financements et programmes d’accompagnement, et en offrant une visibilité supplémentaire aux entrepreneures qui le souhaitent.

Le rôle de la diaspora occupe une place centrale dans la vision de la fondatrice, elle-même installée entre la France, la Suisse et le Mali. Au-delà des transferts d’argent, elle y voit un réservoir de compétences, de réseaux et d’opportunités de mise en relation. Maliya propose désormais aussi un accompagnement dans la préparation des dossiers administratifs, techniques et financiers, une étape jugée souvent plus difficile à franchir que la simple découverte d’un appel d’offres.

Formée aux fondamentaux de l’intelligence artificielle, Kayani Traoré envisage cette technologie comme un outil d’appoint pour les entrepreneures, utile pour gagner du temps sur la rédaction ou la communication, mais qui ne remplace ni le savoir-faire ni le jugement de la personne qui dirige l’entreprise.

À terme, l’objectif affiché est que Maliya devienne une porte d’entrée naturelle vers l’écosystème malien, aussi bien pour les habitants du pays que pour la diaspora, les institutions ou les entreprises étrangères souhaitant nouer des partenariats locaux.

 

Leandre WAMA

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