Santé

La Journée mondiale des malades : un appel universel à la solidarité

La Journée mondiale des malades, instituée en 1992 par le pape Jean-Paul II, est célébrée chaque année le 11 février, jour de la fête de Notre-Dame de Lourdes. Lourdes, lieu de pèlerinage et de guérison, symbolise l’espérance et la compassion envers les personnes souffrantes. Cette journée a pour objectif de sensibiliser la société à la dignité des malades, de rappeler l’importance de leur accompagnement et de mettre en lumière le rôle essentiel des soignants, des familles et des bénévoles.

Elle dépasse le cadre religieux pour devenir un appel universel à la solidarité, à la justice sanitaire et à la reconnaissance de la fragilité humaine comme un espace de rencontre et de fraternité.

Sud-Kivu : entre célébration et souffrance

Dans la province du Sud-Kivu, cette journée prend une résonance particulière. Les hôpitaux et centres de santé organisent des célébrations spirituelles et sociales qui rassemblent malades, soignants et communautés locales. Ces moments sont porteurs d’espérance et de miséricorde, mais ils se déroulent dans un contexte marqué par une insécurité persistante.

Les incursions de M23, malgré certaines annonces de retrait, continuent de semer la peur et de fragiliser les structures sociales et sanitaires. La guerre, en s’attaquant aux civils et même aux hôpitaux, transforme la maladie en une double peine, souffrir dans son corps et être privé de soins adéquats.

La santé en temps de guerre : un droit bafoué

L’occupation et les attaques du M23 ont des conséquences dramatiques sur le système de santé du Sud-Kivu. Les violations du droit humanitaire sont flagrantes, des centres hospitaliers ont été pris pour cible, des patients et des gardes-malades ont été tués, et des médecins ont dénoncé ces actes comme des crimes de guerre. L’accès aux soins devient un parcours semé d’embûches, car les déplacements forcés, la peur des attaques et la destruction des infrastructures rendent les services médicaux presque inaccessibles. Les soignants, eux, travaillent dans des conditions précaires, souvent sans ressources suffisantes, tout en étant exposés à des menaces directes. La guerre fragilise ainsi non seulement les corps, mais aussi les institutions censées protéger la vie.

Malgré ce contexte dramatique, les communautés du Sud-Kivu continuent de célébrer la Journée mondiale des malades. Ces célébrations deviennent des actes de résistance morale et spirituelle. Elles rappellent que la dignité humaine doit être protégée même en temps de guerre, et que la compassion est une force capable de transcender la violence. Les malades, en se rassemblant avec les soignants et les familles, affirment que la souffrance ne doit pas isoler, mais au contraire unir dans une solidarité active. La prière, les gestes de fraternité et les initiatives locales sont autant de signes que la vie peut triompher de la barbarie.

La Journée mondiale des malades, dans le contexte du Sud-Kivu interpelle la communauté internationale sur la nécessité de protéger les structures sanitaires et de garantir l’accès aux soins, même en temps de conflit. Elle invite à réfléchir sur la fragilité humaine comme un espace de solidarité universelle, où la maladie ne doit jamais être aggravée par la guerre.

Celébrer cette journée au Sud-Kivu, c’est affirmer que la santé est un droit fondamental, que la dignité des malades est non négociable, et que la compassion reste une arme puissante face à la violence. C’est aussi rappeler que, dans un monde marqué par les conflits, la souffrance des malades doit être au cœur des préoccupations, car elle révèle notre capacité collective à protéger la vie et à construire la paix.

 

Rédaction 

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