Depuis plusieurs décennies, la République Démocratique du Congo est confrontée à une situation sécuritaire complexe et tendue, particulièrement dans l’Est du pays. Les conflits armés entre les forces gouvernementales et divers groupes rebelles, dont le M23, ont causé des milliers de victimes civiles et entraîné des déplacements massifs de population.
En novembre 2021, le Mouvement du 23 mars, défait en 2013, reprend les armes. En mars 2022, il lance une offensive au Nord-Kivu contre les Forces armées de la RDC (FARDC), leurs supplétifs regroupés sous la bannière wazalendo, et la MONUSCO.
Accusations et tensions régionales
Le M23 et d’autres groupes armés sont accusés de commettre de nombreuses exactions contre les populations locales. Les combats provoquent des déplacements massifs et ravivent les tensions entre Kinshasa et Kigali. Le gouvernement congolais accuse le Rwanda de soutenir les rebelles, des allégations corroborées par plusieurs rapports d’experts mandatés par l’ONU et des pays occidentaux, bien que Kigali s’en défende.
La rébellion paralyse également les activités politico-administratives, économiques et sociales. Fermeture des banques, dysfonctionnement des institutions, chômage accru et recrutement de jeunes hommes aggravent la crise. Les ménages s’appauvrissent, tandis que les ONG peinent à prendre en charge les déplacés et les victimes de violences sexuelles et basées sur le genre (VSBG).
Selon l’ONG International Crisis, le M23 prend progressivement le contrôle de vastes zones du Nord-Kivu, notamment Nyiragongo, Masisi, Rutshuru et Lubero. En mars 2024, il contrôle environ la moitié de la province grâce à l’appui présumé du Rwanda. Un cessez-le-feu est négocié en août 2024 dans le cadre du processus de Luanda, mais les affrontements reprennent en décembre. En janvier 2025, le M23 s’empare de Masisi et Minova, puis de Goma le 30 janvier. Dans les jours suivants, la rébellion poursuit son expansion vers Lubero et Butembo au Nord-Kivu, et vers Bukavu au Sud-Kivu.
Bukavu sous occupation
À Bukavu, les FARDC se retirent avant l’arrivée des troupes M23 La ville tombe sans résistance. Les rebelles contrôlent ensuite plusieurs localités le long de la route nationale 5, isolant davantage le Sud-Kivu et accentuant la crise humanitaire.
Depuis l’entrée du M23 à Bukavu et dans certaines zones du Sud-Kivu, les violences se multiplient. Selon un rapport du Bureau conjoint des Nations Unies aux droits de l’homme (BCNUDH), publié en avril 2025, les rebelles du M23 sont responsables de plus de deux tiers des violations graves commises contre des enfants et des femmes.
Les données montrent que, le recrutement forcé représente plus de 40 % des violations, l’enlèvement est estimé à 37 %, violence sexuelle atteint 4 % et les attaques contre les écoles et hôpitaux représentent 2 %.Plus de 85 % des violations ont été documentées au Nord-Kivu en janvier 2025, lors de l’offensive du M23.
La crise sécuritaire dans l’Est de la RDC, aggravée par l’expansion du M23, plonge les populations du Nord-Kivu et du Sud-Kivu dans une situation dramatique. Les violences sexuelles et basées sur le genre explosent, les institutions sont paralysées et la confiance envers l’État s’effrite.
Rédaction





