À l’occasion de la Journée internationale des espèces menacées, le Congo Basin Conservation Society (CBCS-Network), membre de la Société Civile Environnementale en RDC, lance un cri d’alarme. Le réseau appelle à la cessation immédiate du braconnage, des massacres d’espèces rares et de l’occupation illégale des aires protégées, dénonçant une situation qui menace directement l’avenir écologique et humain du Bassin du Congo.
Le communiqué s’ouvre sur une injonction claire, « Cessez d’occuper les aires protégées et cessez de tourner vos armes contre la biodiversité ». Pour le CBCS-Network, il ne s’agit plus seulement d’un problème environnemental, mais d’un crime contre l’humanité. La perte de la biodiversité, avertit le réseau, bouleversera l’équilibre écologique et les chaînes alimentaires dont dépendent les populations locales et leurs enfants.
Le Bassin du Congo, considéré comme le deuxième poumon vert de la planète après l’Amazonie, est aujourd’hui menacé par une série de pratiques destructrices. Le communiqué dénonce la montée en puissance du braconnage délibéré, la destruction des habitats naturels, l’exploitation minière illégale et l’occupation armée des zones protégées. Ces activités compromettent la survie de milliers d’espèces emblématiques, parmi lesquelles les grands singes, éléphants, hippopotames, perroquets gris et okapis, mais aussi les forêts de bois rares qui constituent une richesse écologique et économique inestimable.
Des faits documentés sur le terrain
Dans le Parc National de Virunga, les éléphants sont victimes de massacres organisés par des groupes armés, tandis que les éco-gardes subissent des attaques répétées. Dans le Parc de Kahuzi-Biega, l’exploitation minière illégale et le commerce de bois et de braise détruisent le couvert végétal, accentuant la déforestation autour de Bukavu et Goma. La Ruzizi et le Lac Tanganyika sont devenus le théâtre d’un massacre des hippopotames, transformés en ration alimentaire.
Au Parc de l’Upemba, une attaque armée survenue en mars 2026 a coûté la vie à plusieurs éco-gardes, qualifiés de « héros verts » par le communiqué.
Dans la Réserve de Faune à Okapi, le braconnage et l’exploitation minière illégale continuent d’alimenter les réseaux criminel. Dans le Parc de Maiko, l’insécurité et l’exploitation minière illégale menacent gravement la biodiversité, sous la supervision de groupes armés locaux.
Le CBCS-Network souligne que ces faits ne sont pas isolés mais relèvent d’une complicité organisée visant à exploiter les ressources naturelles du Bassin du Congo au détriment des générations futures. Le communiqué insiste sur le caractère moralement et légalement inacceptable de ces pratiques, qui causent des dommages graves, étendus et durables à la nature et au climat.
Vers la reconnaissance de l’écocide
Le réseau appelle à l’intégration de l’écocide dans la législation congolaise, en cohérence avec les engagements internationaux de la RDC. Cette initiative, portée par le Chef de l’État et la Ministre de l’Environnement et de la Nouvelle Économie du Climat, s’inscrit dans une dynamique mondiale visant à reconnaître l’écocide comme un crime contre l’humanité dans le Statut de Rome.
« Tourner vos armes contre la biodiversité, c’est vouloir nous diriger vers la sixième extinction de masse. » Pour le CBCS-Network, la justice nationale et internationale ne pardonnera jamais ces crimes environnementaux, désormais largement documentés.
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