Une conférence sur les séquelles psychosociales des incendies sur les enfants s’est tenue ce samedi 10 octobre 2026 au campus Mulindwa de l’Université Catholique de Bukavu (UCB).
Organisée par EDEN World Foundation en partenariat avec le Club de promotion de la santé mentale de l’UCB, la rencontre était placée sous le thème, « Incendies d’habitations à Bukavu et santé mentale des enfants : enjeux psychosociaux et mécanismes de protection ».
L’objectif est d’alerter sur la situation des victimes des différents incendies. À Bukavu où les incendies ravagent des quartiers entiers chaque mois, on distribue vivres, tôles et vêtements. Mais qui prend en charge le traumatisme des enfants qui ont tout vu brûler ?
« On vient, on donne des vivres aux familles, on les aide au quotidien. Mais on ne pense jamais à la prise en charge psychologique », déplore Ghyslain Balagizi, coordonnateur d’EDEN World Foundation.
« Ces enfants vivent un traumatisme profond. Et la détresse psychologique des parents a aussi des répercussions directes sur leur bien-être », ajoute-t-il. Pour lui, l’enjeu de cette conférence est de changer le regard, passer d’une assistance uniquement matérielle à une protection intégrale qui inclut le psychologique.
Même constat du côté de l’UCB. Birindwa Mirhego Isaac, coordonnateur du Club de promotion de la santé mentale, plaide pour une approche de proximité. « La première mesure concrète, c’est d’intégrer les services psychosociaux dans le soutien, d’écouter ces enfants, de recueillir leur point de vue. Et d’agir aussi dans les écoles touchées », insiste-t-il.
Au-delà du débat, les organisateurs annoncent la suite, des campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires affectés par les incendies, en collaboration avec leurs partenaires. « La lutte, on ne la mène jamais seul. Il faut toujours avoir un partenaire de combat », résume Ghyslain Balagizi.
Une dimension qui a particulièrement touché les participants, d’autant que la conférence a donné la parole au parent d’un enfant survivant d’incendie. Un témoignage qui a rappelé que derrière les statistiques, il y a des nuits sans sommeil, des peurs et des angoisses d’enfants.
Plusieurs experts ont pris part aux échanges, Dr Elvis Barata, médecin au Centre psychiatrique d’intervention rapide et enseignant-chercheur en santé mentale à l’ISTM ; Alexis Mubalama, psychologue clinicien et acteur humanitaire ; Rebecca Kapanga, coordinatrice de l’ONG Autisme RDC ; et Joëlle Birindwa, étudiante en Master 3 de médecine à l’UCB.
Un message ressorti de cette conférence est à Bukavu, la réponse aux incendies ne peut plus se limiter aux tôles et aux sacs de farine. La reconstruction doit aussi soigner les blessures invisibles.
Bertin BYAMUNGU





