À quelques jours de la rentrée des classes, alors que les parents s’activent pour préparer fournitures et uniformes, une inquiétude grandit dans la ville de Bukavu et les territoires du Sud-Kivu : la consommation de boissons fortement alcoolisées par des enfants en âge scolaire. Après les avertissements des professionnels de santé, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile (NDSCI) prend position et appelle à des mesures urgentes. Cette mobilisation s’inscrit dans le cadre de la campagne Malisho Bora Shuleni, qui vise à promouvoir le bien-être des élèves.
Ce lundi 24 août 2026, lors d’une interview accordée à LifeInfos, Wilfried Habamungu, porte-parole provincial adjoint de la NDSCI, a exprimé ses vives préoccupations. Selon lui, malgré les préparatifs de la rentrée prévue le 1er septembre, la prolifération des kiosques et maisons de vente de boissons fortement alcoolisées dans les communes de Kadutu, Ibanda et Bagira, ainsi que dans plusieurs territoires de la province, menace directement l’avenir des jeunes. « Nous avons constaté que de nombreux enfants âgés de 14 à 17 ans fréquentent assidûment ces lieux de consommation. Au lieu de se préparer pour la reprise des cours, ils s’adonnent à l’alcool, ce qui compromet gravement leur santé et leur avenir », a-t-il déclaré.
La NDSCI dénonce la fabrication artisanale, la vente libre et la consommation de ces boissons, connues sous les noms de Kizima, Kahogojo, Mumberege, entre autres. Pour cette structure de la société civile, ces produits sont à l’origine de la délinquance juvénile, de l’ivresse publique et d’une irresponsabilité parentale de plus en plus visible. « Certains parents eux-mêmes s’adonnent à la consommation abusive de ces boissons. Ils négligent leurs responsabilités familiales, alors qu’ils devraient préparer moralement leurs enfants et acheter les fournitures scolaires », a ajouté Wilfried Habamungu.
Face à cette situation préoccupante, la Nouvelle Dynamique de la Société Civile NDSCI recommande aux autorités urbaines et provinciales de fermer immédiatement toutes les maisons de vente de boissons fortement alcoolisées situées près des écoles. Elle demande à la Police Congolaise et aux services de sécurité de renforcer le contrôle afin d’interdire l’accès de ces débits de boissons aux mineurs. Elle appelle également les parents à assumer pleinement leurs responsabilités en encadrant leurs enfants pour une rentrée scolaire apaisée.
La campagne Malisho Bora Shuleni rappelle que l’éducation et la santé des élèves doivent rester une priorité. La société civile appelle à une mobilisation collective pour protéger la jeunesse contre les dangers de l’alcool et garantir une rentrée scolaire sereine.
Par Nathalie SIMBEKO




