Société

Atelier sur la rétention des enseignants : l’ISP Bukavu ouvre la réflexion

Identifier et prioriser les leviers d’action pour améliorer la rétention des enseignants dans les contextes de crise et de déplacement prolongé, tel est l’un des objectifs d’un atelier de trois jours organisé par la direction générale de l’Institut Supérieur Pédagogique (ISP) de Bukavu.

Le modérateur du jour et chef du projet Les facteurs déterminants du bien-être et de la rétention des enseignants dans des contextes de violence prolongée et de déplacement , le professeur Namashunju Samuel, a précisé que ces assises visent également à analyser les défis structurels, professionnels et psychosociaux auxquels font face les enseignants du Sud-Kivu, principalement ceux de l’école primaire, et à cartographier les facteurs de départ et de maintien dans la profession.

Les échanges ont montré plusieurs obstacles déjà relevés par des études. Il s’agit notamment des faibles salaires et de leur irrégularité, de l’insécurité persistante, des classes surpeuplées, des infrastructures scolaires médiocres et du manque de reconnaissance institutionnelle. À cela s’ajoute un niveau élevé de stress psychosocial, lié aux traumatismes, à la surcharge des classes et au sentiment de marginalisation professionnelle.

C’est dans ce contexte que l’ISP Bukavu, en partenariat avec l’Institute of Development Studies (IDS) et son unité de recherche Observatoire Congolais du Plurilinguisme pour l’éducation et le développement, a lancé un projet intitulé « Les facteurs déterminants du bien-être et de la rétention des enseignants dans des contextes de violence prolongée et de déplacement.

Ce projet, prévu sur 18 mois (mars 2025 – mars 2026), se concentre sur l’enseignement primaire en République Démocratique du Congo et en Ouganda, deux régions où les systèmes éducatifs subissent une pression considérable en raison des conflits et des déplacements de population. L’objectif est d’améliorer le bien-être des enseignants, de renforcer leur maintien en poste et de mobiliser l’expertise des parties prenantes afin de favoriser l’adoption de politiques éducatives pertinentes.

Dans son mot de bienvenue, Jean Bosco, administrateur de budget représentant le directeur général de l’ISP, a rappelé que le développement d’un pays repose sur son système éducatif. Selon lui, « si nous voulons demain avoir une classe politique affirmée et des techniciens compétents, nous devons les former dès aujourd’hui ». Il a exhorté les participants à partager leurs idées pour non seulement bouger les lignes, mais aussi interpeller les autorités à tous les niveaux afin d’améliorer le système éducatif congolais.

Les assises ont été officiellement ouvertes par Freddy Ndongozi, conseiller du gouverneur de province en charge de l’éducation. Celui-ci a invité les participants à capitaliser les acquis de cette formation pour continuer à former et révéler le potentiel de chaque élève, dans la perspective d’un avenir meilleur.

 

Par Sylvie NABINTU

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