Environnement

Kinshasa : deux tables rondes pour renforcer la protection juridique des journalistes environnementaux

Après les ateliers de formation organisés à Bukavu et à Kinshasa, qui ont permis de consolider les connaissances juridiques des journalistes environnementaux, la prochaine étape du projet s’est concrétisée par deux tables rondes tenues du 21 au 22 juillet 2026 à Kinshasa. Ces rencontres avaient pour ambition d’instaurer un dialogue structuré entre journalistes, juristes, organisations de la société civile et autres parties prenantes autour de la protection juridique des professionnels de la presse environnementale en République démocratique du Congo.

Exercer le journalisme environnemental en RDC demeure particulièrement exposé. Les reporters qui couvrent la déforestation, l’exploitation minière illégale, les conflits fonciers ou les droits des communautés locales et autochtones sont confrontés à des risques réels, souvent peu documentés. Les tables rondes ont offert un espace où ces réalités ont pu être nommées, analysées collectivement et traduites en propositions concrètes.

L’objectif principal était de créer un espace de dialogue multi-acteurs autour de la protection juridique des journalistes environnementaux. Les participants ont pu témoigner des menaces et intimidations subies dans leur travail, recevoir des orientations juridiques contextualisées de la part des juristes des barreaux locaux, analyser le cadre législatif national sur la liberté de la presse, aborder les thématiques environnementales les plus exposées aux risques juridiques, renforcer la coordination entre journalistes, juristes et société civile.

Une occasion où plusieurs recommandations ont été formulées dont la mise en place de points focaux juridiques dans les provinces concernées, et contribuer à enrichir le guide du journalisme environnemental en RDC ainsi que les fiches pratiques destinées aux rédactions. L’usage de la plateforme connectjournalists.org a également été mis en avant pour le signalement et la coordination avec les avocats référents.

Les échanges se sont articulés autour de quatre thématiques, la couverture de l’exploitation minière illégale et de la pollution environnementale, la protection juridique dans la couverture de la déforestation, la sécurité juridique dans la couverture des conflits fonciers, et les droits des communautés locales et autochtones dans le cadre du journalisme environnemental.

Les résultats attendus ont été atteints. Les tables rondes ont permis de renforcer les liens entre journalistes, juristes et société civile, de produire des recommandations applicables dès la première journée, incluant la création de points focaux juridiques et l’élaboration participative d’un guide pratique pour les rédactions, ainsi que de consolider un réseau avec une meilleure maîtrise des outils numériques de signalement et de coordination. Les femmes journalistes ont bénéficié d’un espace spécifique pour aborder les défis liés au genre.

La première journée a été consacrée aux témoignages et à la formulation de recommandations, tandis que la seconde a mis l’accent sur l’approfondissement et les engagements collectifs. Organisées par le MBJN et MkaaJi Mpya asbl, ces tables rondes marquent une étape décisive dans le renforcement de la protection juridique des journalistes environnementaux en RDC et dans la consolidation d’un réseau de solidarité autour de la liberté de la presse et des droits humains.

 

Redaction

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