Le monde célèbre le 18 juin de chaque année la Journée internationale de lutte contre les discours de haine. Instituée par les Nations unies, cette journée vise à sensibiliser les populations aux dangers des propos et messages qui attisent la discrimination, la stigmatisation et la violence, tout en promouvant les valeurs de tolérance, de dialogue et de coexistence pacifique.
Dans l’Est de la République démocratique du Congo, marqué depuis plusieurs années par les conflits armés, les déplacements de populations et les tensions communautaires, la lutte contre les discours de haine est une nécessité. Veilleuse du web et coordonnatrice de Peace for Development, Mme Neema Kasembe Esther estime que ces discours constituent une menace pour la cohésion sociale et les efforts de paix.
Selon elle ces discours de haine prennent plusieurs formes, elles peuvent se manifester à travers les réseaux sociaux, les groupes WhatsApp, les médias, ou des paroles souvent basés sur l’origine ethnique, la nationalité, la religion ou les opinions, et contribuent à semer la peur, la méfiance et les divisions entre les communautés, ce qui peut produire des graves conséquences particulièrement dans un contexte de guerre. « Les discours de haine, alimentent les conflits, favorisent la stigmatisation et peuvent même conduire à des violences. Dans une région déjà touchée par l’insécurité, ils constituent un frein à la paix et à la réconciliation entre les communautés », explique-t-elle.
Selon cette actrice de paix, les plateformes numériques sont aujourd’hui devenues un espace de propagation de la haine, notamment à travers la diffusion de fausses informations, et les propos discriminatoires. Elle appelle ainsi à une utilisation responsable des réseaux sociaux.
Pour Esther, la lutte contre ce phénomène ne relève pas uniquement des autorités ou des organisations humanitaires, mais de la responsabilité de tous. « Chacun a un rôle à jouer. Avant de partager une information, il faut la vérifier. Nous devons privilégier des messages qui rapprochent plutôt que ceux qui divisent. Les leaders communautaires, les journalistes, les jeunes, les parents et les influenceurs doivent promouvoir la tolérance et le respect de la dignité humaine », souligne-t-elle.
Elle recommande notamment d’éviter la diffusion de rumeurs, les propos discriminatoires, les messages à caractère tribal ou xénophobe, ainsi que tout contenu qui peut attiser les tensions. À l’inverse, elle encourage le dialogue, l’éducation aux médias et la promotion du vivre-ensemble. Celle-ci rappelle que les mots ont un pouvoir considérable, s’ils sont mal utilisés ils peuvent détruire des vies et approfondir les divisions sociales. Employés avec responsabilité, ils peuvent au contraire contribuer à bâtir une société plus unie et de paix.
Par Michael Lufungulo





