La détresse des déplacés du Nord-Kivu et du Sud-Kivu vivant à Lubumbashi ne peut plus être ignorée. Plus de 180 familles soit près de 300 personnes se sont rassemblées le 17 Mai 2026 devant le Gouvernorat du Haut-Katanga. Leur espoir est d’obtenir une aide humanitaire parce que la réalité sur le terrain est un silence glaçant des autorités.
Femmes, enfants et vieillards survivent depuis des mois dans une précarité extrême. Sans logement, sans nourriture, sans soins, ces familles vivent au jour le jour, dans l’angoisse et l’incertitude. Leur sit-in devant le Gouvernorat est un cri de désespoir, une ultime tentative pour rappeler qu’elles existent.
« Nous avons déjà écrit à l’Assemblée provinciale et au ministère de l’Intérieur pour demander une aide humanitaire », explique Paul Bya Mungu, président des déplacés. Mais aucune réponse n’est venue. « Nous sommes abandonnés à notre triste sort. Nous n’avons ni maison, ni nourriture, ni médicaments », poursuit-il, dénonçant l’indifférence des institutions.
Une crise humanitaire ignorée
Pour Me Hubert Tshiswaka, défenseur des droits humains, la scène est insoutenable. « Nous sommes profondément choqués. Aucune autorité n’est sortie pour s’entretenir avec ces déplacés malgré nos démarches », déplore-t-il. Il souligne l’absence totale de réaction institutionnelle : « J’ai écrit à tous les services de sécurité, mais personne ne s’occupe de ces victimes. »
L’État face à ses responsabilités
L’ONG IRDH, dirigée par Me Tshiswaka, se dit dépassée. « L’État refuse de prendre ses responsabilités. Nous les abandonnons aussi devant le Gouvernorat », lâche-t-il avec amertume. Jusqu’à la tombée de la nuit, les familles sont restées sur place, décidées à passer la nuit devant le bâtiment officiel, dans l’espoir que leur cri de détresse finisse par être entendu.
Rédaction





