Société

Burkina Faso: les autorités sanctionnent 247 nouvelles associations

Les autorités militaires du Burkina Faso ont diffusé, mardi 12 mai, une troisième liste de 247 organisations accusées de ne pas respecter la nouvelle règlementation administrative. L’objectif affiché par le gouvernement est d’améliorer la transparence et de lutter contre le financement du « terrorisme ».

Les organisations de défenses des droits humains reprochent à la junte de museler toute forme d’opposition.Cette nouvelle liste dénonçant des organisations du Burkina Faso repose sur un argument unique. L’arrêté de la Direction générale des libertés publiques précise en effet que ces associations sont toutes suspendues pour « non-renouvellement de leurs instances » dans les délais requis.

Dans l’annexe de l’arrêté, les 247 organisations sont listées, leurs responsables nommés. Basées à Ouagadougou, Bobo-Dioulasso et également Fada-N’Gourma, exerçants dans les domaines de la santé, du sport ou encore de l’éducation, les autorités leur reprochent de ne pas avoir mis à jour, comme le stipule la loi, leurs instances dirigeantes.

L’organisation de défense des droits humains Amnesty International, qui pointe un « législation abusive » estime que cette situation est « une atteinte flagrante au droit à la liberté d’association ». Les autorités dirigées par le général Ibrahim Traoré, qui s’appuient sur la loi de juillet 2025 et sur la Charte de la Révolution du 1er avril 2026 pour justifier les 881 suspensions et 118 dissolutions annoncées – portant donc leur nombre à 929 – depuis mi-avril, indiquent vouloir faire la cartographie des associations et lutter contre le blanchiment d’argent et le financement du terrorisme.

Des lois, estiment l’ONG Human Right Watch, qui permettent au régime « d’intensifier sa répression généralisée de la société civile ».

Également critique de ces décisions, la Fédération internationale pour les droits humains a indiqué dans un communiqué : « Une société civile forte et indépendante agit comme un garde-fou contre les abus de pouvoir et amplifie les voix des communautés marginalisées. » Les activités de ces dernières sont interdites sauf pour se mettre à jour au niveau administratif auprès des autorités.

 

Rédaction 

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