La situation sociale et sanitaire dans le groupement de Mbona Nord , territoire de Kalehe devient préoccupante. La consommation de boissons alcoolisées artisanales telles que Bowa, Muhama, Kiraniranya et Simbi s’est imposée dans le quotidien des habitants. Leur prix bas les rend accessibles à une large frange de la population, notamment les jeunes et les hommes, mais les conséquences sur la santé et la cohésion sociale sont de plus en plus visibles.
Les témoignages recueillis sur place décrivent une jeunesse désorientée, incapable de contrôler ses actes après consommation. Dans un contexte de pauvreté et de famine, l’alcool devient une échappatoire, mais aussi un facteur aggravant des dérives sociales. Vols dans les quartiers, abandon du travail, violences domestiques, autant de réalités qui fragilisent le tissu communautaire. Les familles, déjà éprouvées par la précarité, voient leurs enfants s’enfoncer dans une spirale de dépendance.
La Nouvelle Société Civile de Kalehe lance un appel pressant aux autorités locales et provinciales. Elle demande une régulation stricte de la vente de ces boissons, notamment en interdisant leur commercialisation dès le matin, période où les jeunes sont particulièrement vulnérables. Elle insiste également sur la nécessité de sensibiliser les consommateurs aux dangers de ces produits, rappelant que « le corps n’a pas de pièce de rechange ». Pour elle, il est urgent de replacer la jeunesse sur le chemin du travail et de la dignité.
Au-delà de la régulation, la société civile propose des alternatives concrètes. Elle plaide pour l’implication des ONG, des institutions gouvernementales et des personnes de bonne volonté dans des programmes de formation et de réinsertion. Les pistes évoquées sont variées : écoles de métiers, pisciculture, élevage de chèvres et de volailles, ateliers de couture. Ces initiatives visent à offrir aux jeunes des perspectives économiques viables et à les détourner de l’alcool, qui ne fait qu’aggraver leur misère.
L’alcool artisanal, en apparence anodin, devient un poison social qui menace l’avenir d’une génération. Les autorités sont désormais interpellées, sans action rapide et concertée, le territoire de Kalehe risque de voir s’installer durablement une crise sociale dont les conséquences pourraient dépasser le cadre local.
Rédaction





