L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) salue la condamnation de trois juges de la Cour d’appel de Kalemie et d’un opérateur économique par la Cour d’appel du Haut-Katanga, tout en dénonçant la clémence des peines infligées.
Le procès en flagrance, tenu le 26 janvier 2026, a abouti à la condamnation des magistrats Zantoko Mayikila Hervé, Mbele Lalo Christophe et Asanga Kabalo Raphaël pour corruption. Les deux premiers ont écopé de 36 mois de servitude pénale, tandis que le troisième a été condamné à 15 mois de prison.
Dans un communiqué rendu public jeudi 29 janvier 2026 , le responsable de l’Association Congolaise d’accès à la Justice ACAJ , Me George Kapiamba renseigne que l’opérateur économique Kafwimbi Kiwele Joseph, a été reconnu comme corrupteur, et a été condamné à 24 mois de prison ferme.
Il ajoute que la Cour a également prononcé des peines complémentaires, l’inéligibilité des juges, leur interdiction d’accéder aux fonctions publiques et l’interdiction d’exercer des responsabilités dans les institutions bancaires ou de participer aux marchés publics.
Si l’ACAJ se félicite de cette décision, elle estime que les peines privatives de liberté sont trop légères. Elle considère que les juges auraient dû être condamnés à 10 à 20 ans de prison ferme, compte tenu de la gravité des faits et de la trahison de la confiance du peuple. Elle déplore également l’absence d’indemnisation des victimes des affaires de viol sur lesquelles ces magistrats étaient saisis.
L’ACAJ exhorte l’organe de la loi à exercer un pourvoi en cassation contre la décision de la Cour d’appel du Haut-Katanga. À défaut, elle recommande au Ministre d’État, Ministre de la Justice et Garde des Sceaux, d’user de son pouvoir d’injonction pour corriger ce qu’elle qualifie de « complaisance judiciaire ».
L’association appelle la Fédération des Entreprises du Congo (FEC) à sensibiliser ses membres afin de bannir définitivement les pratiques de corruption. Elle met en garde contre les fraudes douanières et fiscales, les spoliations de biens publics et privés, ainsi que le blanchiment des capitaux.
La société civile et la population sont invitées à redoubler de vigilance et à dénoncer les pratiques de corruption auprès de la justice.
L’ ACAJ annonce un plaidoyer actif auprès du Conseil Supérieur de la Magistrature, du Ministre de la Justice, de la Première Ministre et du Président de la République, afin que les trois juges condamnés soient révoqués.
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