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Portrait: Madeleine Bwenge Lwampara, l’alchimiste de l’énergie verte

Au cœur du Sud-Kivu, une femme transforme ce que la société rejette en une source d’énergie et d’espoir. À travers son organisation, l’Action pour l’Éducation Environnementale, Genre et Développement Durable au Kivu (AEGDK), Madeleine Bwenge mène un combat de front: protéger les forêts et autonomiser les communautés.

Née le 10 mai 1960, Madeleine Bwenge Lwampara incame la résilience et l’innovation au cœur du Sud-Kivu. Détentrice d’un diplôme en Management et Marketing, cette veuve au caractère d’acier a choisi de mettre ses compétences au service d’une cause vitale: la réconciliation entre l’humain et son écosystème.

Le regard déterminé et le geste sûr, Madeleine Bwenge ne voit pas les immondices de Bukavu comme une fatalité, mais comme une ressource. Pour elle, la protection de l’environnement n’est pas un concept abstrait, c’est une pratique quotidienne qui commence dans la cuisine des ménages.

La briquette biomasse: Le bouclier vert

Le fer de lance de l’AEGDK est sans conteste la promotion de la briquette biomasse. Dans une région où le charbon de bois (makala) pèse lourdement sur la déforestation des parcs nationaux, l’alternative proposée par Madame Bwenge est révolutionnaire.

Transformer un déchet en énergie, c’est offrir un second souffle à nos forêts. Chaque briquette utilisée, c’est un arbre sauvé dans le bassin du Congo », aime-t-elle rappeler lors de ses séances de sensibilisation.

En valorisant les résidus agricoles et les déchets ménagers biodégradables, Madeleine ne se contente pas de nettoyer les rues; elle crée une économie circulaire.

Un leadership au carrefour du genre et du développement

L’AEGDK ne porte pas le mot « Genre » dans son sigle par hasard. Madeleine Bwenge a compris que la transition écologique du Kivu passait par les mains des femmes. Ce sont elles qui gèrent l’énergie du foyer, et ce sont elles que Madeleine forme à la production et à la vente de ces briquettes.

<<Nous ne faisons pas que de l’écologie, nous faisons de l’éducation. Quand une femme maîtrise la transformation des déchets, elle gagne son indépendance tout en protégeant son environnement, affirme la coordonnatrice de l’AEGDK.

Un plaidoyer pour demain

Le travail de Madeleine Bwenge est un message envoyé à la jeunesse et aux autorités : le développement durable n’est pas une option, c’est une urgence. À travers son organisation, elle prône une éducation environnementale rigoureuse, convaincue que le changement de comportement est l’outil le plus puissant contre le réchauffement climatique.

Alors que les villes du Kivu font face à des défis croissants de gestion des déchets, Madeleine Bwenge, elle, continue de tracer son sillon. Avec l’AEGDK, elle prouve que les solutions les plus efficaces naissent souvent de l’ingéniosité locale et d’une volonté de fer.

 

Égide K 

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