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Leadership féminin et prévention des conflits familiaux : ce que dit le droit et ce que vivent les femmes en RDC

En République Démocratique du Congo, les femmes jouent un rôle central, bien que souvent invisible, dans la prévention des conflits familiaux et la recherche de solutions pacifiques au sein des ménages. Si ce rôle est encore peu formalisé dans les textes, il s’appuie pourtant sur un cadre juridique solide et sur des compétences sociales essentielles. Ce sont les précisions de Madame Déborah, experte en question de leadership féminin.

Un cadre juridique qui reconnaît l’égalité et la participation

Selon Madame Déborah, la Constitution de la RDC, en son article 14, consacre l’égalité entre les femmes et les hommes et garantit la participation de la femme à la vie nationale. Cette disposition est renforcée par la Loi n°15/013 du 1er août 2015 portant modalités d’application des droits de la femme et de la parité, qui vise à protéger et à promouvoir la participation des femmes. Au niveau international, précise l’experte, la RDC s’appuie également sur la Résolution 1325 du Conseil de sécurité des Nations Unies, qui encourage la participation des femmes dans la prévention et la résolution des conflits, y compris au niveau familial et communautaire.

Cependant, souligne-t-elle, il n’existe pas encore de dispositions spécifiques protégeant les femmes lorsqu’elles interviennent comme médiatrices dans les ménages. Elles bénéficient de la protection générale prévue par la Constitution et les lois contre les violences et les discriminations. Dans les situations de danger ou de violences graves, la sécurité des personnes doit rester la priorité absolue.

Le leadership féminin, un levier de cohésion

Le leadership féminin dans la gestion des tensions conjugales et familiales ne se définit pas comme une volonté de dominer. Il s’agit plutôt de la capacité d’une femme à favoriser le dialogue, l’écoute active, la médiation et la recherche de solutions pacifiques au sein de la famille. C’est une contribution positive à la cohésion familiale et à la prévention de l’escalade des conflits. D’après elle, cette médiation a des effets directs et positifs sur l’ensemble de la famille. Elle permet de réduire les tensions, de créer un climat plus sécurisant pour les enfants et de contribuer à la stabilité émotionnelle du foyer. Elle encourage des relations basées sur le respect mutuel et la communication.

Pour prévenir efficacement les violences domestiques, plusieurs stratégies sont recommandées par l’experte : promouvoir le dialogue, la communication non violente et la gestion des émotions, sensibiliser les familles sur leurs droits, orienter les victimes vers les services compétents et surtout, ne pas banaliser les violences domestiques.

Des freins culturels encore persistants

Malgré leur apport, fait remarquer Madame Déborah, la reconnaissance du rôle des femmes dans la médiation familiale se heurte encore à des obstacles majeurs. Les stéréotypes liés aux rôles des hommes et des femmes, la dépendance économique des femmes, la peur du jugement social et la méconnaissance de leurs droits freinent leur pleine implication. Pourtant, ajoute-t-elle, les femmes jouent déjà un rôle important dans la cohésion familiale, l’éducation des enfants, l’économie du ménage et les initiatives communautaires. Leur participation à la prévention des conflits et à la reconstruction sociale, tant au sein des ménages que dans la société post-conflit, mérite d’être davantage reconnue et soutenue.

Aux jeunes femmes qui souhaitent s’impliquer activement dans la prévention des conflits familiaux et conjugaux, le conseil de Madame Déborah est clair, se former, développer des compétences en communication et en gestion des conflits, connaître ses droits et croire en ses capacités. Car la prévention des conflits commence toujours par l’écoute, le respect et la recherche de solutions pacifiques.

 

Par Sylvie NABINTU

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