Dans une ambiance pleine d’émotion, l’AFC-M23 a exposé, jeudi 8 janvier 2026, au stade de l’Unité de Goma, les corps de 22 civils qu’elle affirme avoir été tués lors de récents bombardements dans le territoire de Masisi, au Nord-Kivu.
Les cercueils alignés sur le terrain ont été entourés de familles endeuillées, de responsables du mouvement, et de quelques habitants venus rendre un dernier hommage à ces victimes. Des pleurs, des cris de douleur et des messages de colère ont rythmé cette cérémonie funèbre, marquée par une profonde tristesse.
Parmi les corps exposés figureraient, selon l’AFC-M23, ceux de civils tués le 2 janvier 2026 à Masisi-centre, lors d’un bombardement par drone.
Emmanuel Nzizeye, administrateur du territoire de Masisi, a confirmé que six personnes avaient perdu la vie ce jour-là, tandis que 41 autres avaient été blessées. Il a précisé que les bombes seraient tombées à environ 600 mètres d’une position militaire du M23, loin de toute zone de combat directe.
Les autres victimes, selon les responsables du mouvement, proviendraient d’attaques similaires survenues au mois de décembre 2025, également attribuées à l’armée congolaise.
Parmi les témoignages recueillis sur place, celui de Wimana Jeanine, « On était à la maison, à côté du bureau de War Child, quand des bombes sont tombées du ciel. J’ai perdu mon enfant de 12 ans, et plusieurs autres ont été grièvement blessés. »
Le coordonnateur de l’AFC-M23, Corneille Nanga, a présenté ses condoléances aux familles touchées, dénonçant ce qu’il qualifie de « bombardements aveugles et criminels contre des civils innocents », qu’il impute au régime de Kinshasa.
Réagissant , le porte-parole du gouvernement congolais, Patrick Muyaya, a vivement rejeté ces accusations, parlant d’une « mise en scène orchestrée par le M23 ». Il affirme que le gouvernement n’a jamais ciblé de civils.
Dans sa première réaction après le bombardement du 2 janvier, la MONUSCO avait condamné l’attaque ayant touché des non-combattants, tout en soulignant que les circonstances exactes, les origines et les auteurs du bombardement n’étaient pas encore clairement établis.
Notons que cette situation intervient dans un contexte de tension croissante dans l’Est de la RDC, où les violences armées continuent de faire des victimes.
Par Michael Lufungulo





