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Bukavu: Quand une femme change le regard sur les déchets : l’histoire de Joëlle Mujijima Buhendwa

Parole aux femmes de Life Infos  qui met en lumière les efforts et les initiatives des femmes vous présente,  Joëlla Mujijima Buhendwa,

Fondatrice et présidente d’AstiFerme, une entreprise pionnière dans la valorisation des déchets ménagers grâce à l’élevage de la mouche soldat noire.

Ingénieure agronome diplômée de l’Université Catholique de Bukavu, titulaire d’un master en production végétale, elle cumule trois ans d’expérience dans ce domaine innovant.

Vice-présidente du club U-Report Filles, ambassadrice de la paix pour la gestion des conflits et veilleuse du web à l’UNICEF, Joëlla est également lauréate du Women in Agriculture Award 2025, où elle s’est classée première grâce à son engagement pour une économie circulaire durable.

1.  Qu’est-ce qui vous a inspirée à vous engager dans la valorisation des déchets ménagers ?  

« Ils ont vu les ordures, moi j’ai vu de l’or dur. »

Au départ, on doutait de moi, on se moquait, on disait que ce n’était pas un travail pour une femme. Mais là où les autres voyaient des déchets, j’ai vu une mine d’or, une opportunité. J’ai choisi de transformer les défis en opportunités.

2. Comment est née l’idée d’AstiFerme ?  

En observant les déchets qui polluaient l’environnement et les femmes en manque d’opportunités, j’ai voulu transformer ce problème en solution. AstiFerme produit des protéines pour les animaux et de l’engrais naturel, tout en créant de l’emploi. En tant que présidente, je supervise la production, encadre l’élevage, forme les jeunes et les femmes, et développe l’entreprise.

3. Quels défis avez-vous rencontrés en tant que femme entrepreneure ?  

Le plus grand défi a été le regard de la société. On me disait qu’une femme ne pouvait pas travailler avec des déchets. Il fallait prouver, expliquer, rassurer. À cela s’ajoutaient les défis techniques : maîtriser l’élevage, organiser la collecte, structurer l’entreprise. Mais le jugement des autres a été le plus difficile à surmonter.

4. Pouvez-vous expliquer comment la mouche soldat noire transforme les déchets ? Quels déchets sont adaptés ?  

Les larves de la mouche soldat noire se nourrissent des déchets organiques : restes de table, déchets de restaurants, certains déchets d’abattoirs. Elles les décomposent, deviennent une source de protéines pour les poules, porcs et poissons, et produisent du frass, un engrais naturel. Les déchets trouvent ainsi une nouvelle utilité.

5. Quelle innovation spécifique AstiFerme a mise en place ?

L’innovation principale repose sur la mouche soldat noire. Elle permet de transformer les déchets en protéines, engrais, huiles pour la cosmétique et le biodiesel, et même en biogaz. Une seule espèce, plusieurs solutions durables.

6. Quelle est votre vision pour AstiFerme dans les cinq prochaines années ? 

Je veux qu’AstiFerme dépasse les frontières, qu’on retrouve ses produits jusque dans le Texas. Mais je veux aussi qu’ici, elle continue à créer des emplois, réduire le chômage et rendre les femmes économiquement indépendantes.

7.  Quel message souhaitez-vous transmettre aux jeunes femmes ?

Ne laissez pas les autres définir vos limites. Si on vous dit que ce n’est pas pour vous, avancez quand même. Les obstacles ne doivent pas devenir vos frontières.

 

Produit en partenariat avec l’observatoire Écho Voix Féminine 

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