Actualités

Soudan : le soutien extérieur alimente la guerre, les civils paient le prix ( Nations Unies )

Combattants recrutés à l’étranger, drones de combat, armes sophistiquées et réseaux logistiques transnationaux, le soutien venu de l’extérieur renforce les capacités des belligérants au Soudan et élargit le champ de bataille, au détriment des civils. Dans un rapport publié jeudi, la Mission internationale indépendante d’établissement des faits pour le Soudan décrit un vaste système de recrutement, de formation et d’approvisionnement qui s’étend à plusieurs pays. Ces réseaux permettent aux parties au conflit de mener des opérations de plus en plus sophistiquées et de frapper des cibles bien au-delà des lignes de front. « Ce soutien extérieur n’a pas renforcé la protection des civils. Au contraire, les civils en paient le prix à travers des attaques contre des habitations, des hôpitaux, des écoles, des marchés et des lieux de refuge », a déclaré le président de la Mission, Mohamad Chande Othman.

Les enquêteurs indiquent que les Forces de soutien rapide (FSR) ont bénéficié de personnel étranger, de formations, d’armes, de munitions, de technologies militaires et d’un soutien logistique. Les Forces armées soudanaises (FAS) auraient elles aussi utilisé des drones fournis depuis l’étranger lors d’opérations ayant touché des civils et des infrastructures.

La Mission affirme que jusqu’à 2 000 anciens militaires colombiens auraient été déployés aux côtés des FSR au Darfour et au Kordofan, pilotant des drones et utilisant de l’artillerie avancée. Des entreprises privées et des intermédiaires logistiques basés en Colombie et aux Émirats arabes unis auraient facilité ces opérations. Le Tchad, le sud-est de la Libye et Bosaso, en Somalie, auraient servi de points de transit pour acheminer combattants et équipements vers le Soudan.

Les transferts d’équipements militaires ont aussi renforcé les capacités des deux camps en matière de drones. À Kalogi, dans le Kordofan du Sud, des frappes attribuées aux FSR ont tué 114 personnes, dont environ 60 enfants. À Ad-Da’ein, dans le Darfour oriental, des frappes attribuées aux FAS ont fait au moins 70 morts et détruit un grand hôpital. À El-Obeid, dans le Kordofan du Nord, des attaques répétées de drones des FSR ont endommagé des infrastructures essentielles, aggravant les restrictions d’accès à l’eau, aux soins et aux transports.

Pour la Mission, ces attaques constituent de graves violations des droits humains et du droit international humanitaire et pourraient être qualifiées de crimes de guerre. « La responsabilité ne peut pas s’arrêter à ceux qui mènent les attaques. Toute la chaîne doit faire l’objet d’enquêtes, y compris ceux qui ordonnent, financent, fournissent ou facilitent de quelque manière que ce soit des crimes internationaux », a déclaré Joy Ngozi Ezeilo, membre de la Mission.

La Mission appelle les États à enquêter sur les réseaux de mercenaires et d’approvisionnement opérant depuis leur territoire, à suspendre les transferts militaires lorsqu’il existe un risque de violations graves, et exhorte le Conseil de sécurité à étendre l’embargo sur les armes à l’ensemble du Soudan.

Des organisations comme Human Rights Watch et Amnesty International ont déjà dénoncé l’impact dramatique de ces soutiens extérieurs sur les civils, documentant des massacres, des déplacements forcés et des attaques contre des infrastructures vitales. Leurs rapports confirment que la guerre au Soudan est alimentée par des réseaux transnationaux qui prolongent le conflit et aggravent la souffrance des populations. « Protéger les civils au Soudan exige d’agir non seulement contre ceux qui mènent cette guerre, mais aussi contre les individus, les entités et les réseaux qui en permettent la poursuite », a insisté Mohamad Chande Othman.

 

Redaction 

 

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Bouton retour en haut de la page