Santé

Ebola en RDC : l’épidémie s’étend malgré la riposte

Alors que l’épidémie d’Ebola en République démocratique du Congo (RDC) ne montre aucun signe d’essoufflement, l’Organisation mondiale de la Santé (OMS) et ses partenaires s’inquiètent de la persistance de chaînes de transmission encore inconnues. La majorité des décès surviennent en dehors des centres de traitement et concernent des personnes qui n’avaient pas été identifiées comme contacts, compliquant ainsi la surveillance.  

Le directeur général de l’OMS a assuré que tous les volets de la riposte avaient été renforcés et continueraient de l’être. « Nous mettrons fin à cette épidémie. La question est de savoir à quelle vitesse et combien de vies seront perdues d’ici là », a-t-il averti, soulignant que plus la crise dure, plus le coût humain et financier s’alourdit.  

Cette semaine, l’épidémie a franchi un nouveau seuil critique, plus de 6 000 cas signalés et plus de 3 000 décès. Elle touche désormais 60 zones de santé réparties dans six provinces. Pour les six prochains mois, le plan de riposte du gouvernement congolais nécessite 1,3 milliard de dollars, un financement que l’OMS appelle les États membres à « augmenter et accélérer ».  

Dans ce contexte tendu, les écoles ont rouvert mardi dans les zones affectées, une étape jugée cruciale par l’ONU pour des enfants déjà fragilisés par les conflits, les déplacements et la maladie. La crise éducative était sévère bien avant Ebola, plus de 1 100 écoles fermées ou endommagées par les violences avaient déjà privé près de 490 000 enfants d’accès à l’éducation.  

Aujourd’hui, l’épidémie ajoute un risque supplémentaire dans des zones où près de deux millions d’élèves poursuivent leur scolarité. L’ONU et ses partenaires soutiennent des mesures de prévention, des interventions en matière d’eau, d’assainissement et d’hygiène, ainsi que des campagnes de sensibilisation dans les établissements scolaires. Un premier groupe de 150 formateurs a achevé sa formation et doit transmettre des messages de prévention à plus de 18 000 enseignants et personnels scolaires.  

Malgré ces efforts, environ deux tiers des écoles situées dans les zones touchées manquent encore de soutien en eau, assainissement et hygiène. L’éducation demeure par ailleurs le secteur le moins financé de la réponse humanitaire, avec moins d’un quart des fonds nécessaires reçus.  

Sans financement supplémentaire, avertit le Bureau de la coordination humanitaire des Nations Unies (OCHA), davantage d’enfants risquent d’abandonner l’école et de s’exposer à des risques accrus en matière de protection. Pour les partenaires humanitaires, le défi est désormais double, endiguer la propagation du virus tout en garantissant la continuité de l’apprentissage dans des communautés déjà éprouvées par des années de crise.

 

Rédaction 

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