En République Démocratique du Congo ongo, le ministère de l’Enseignement supérieur et universitaire a annoncé, mardi 25 août 2026, la suspension jusqu’à nouvel ordre de toutes les activités académiques dans 11 établissements publics situés à Goma et à Bukavu, deux villes sous le contrôle de l’AFC-M23.
Parmi les établissements concernés figurent notamment l’Université de Goma, l’Institut supérieur de commerce de Goma (ISC-Goma), l’Institut supérieur pédagogique de Goma (ISP-Goma) ainsi que l’Université officielle de Bukavu.
Cette décision a suscité diverses réactions dans les milieux éducatifs, politiques et au sein de la population. Du côté de l’AFC-M23, cette mesure est minimisée. Son coordonnateur adjoint, Bertrand Bisimwa, estime que le secteur de l’éducation doit rester apolitique. Il dénonce ce qu’il qualifie de tentative d’instrumentalisation politique de l’enseignement par Kinshasa.
Bertrand Bisimwa affirme également que son mouvement avait déjà envisagé et préparé un mécanisme de substitution pour faire face à toute décision prise par Kinshasa concernant les établissements d’enseignement supérieur situés dans les zones sous son contrôle.
De son côté, l’Université de Goma a réaffirmé, à travers une publication sur sa page Facebook, sa volonté de poursuivre ses missions. L’établissement estime que l’éducation ne devrait pas être mêlée aux conflits politiques, quel que soit le contexte.
Outre la suspension des activités académiques, 48 membres du personnel académique des établissements concernés sont privés de leur salaire et retirés des listes de paie pour avoir accepté, selon la décision de Kinshasa, des nominations effectuées par les autorités de l’AFC-M23.
À Goma, cette décision continue de susciter des inquiétudes et des interrogations sur l’avenir de l’enseignement supérieur ainsi que sur le sort des étudiants, qui risquent de subir les conséquences des tensions politiques et sécuritaires.
Si certains internautes saluent la mesure, qu’ils considèrent comme un moyen de sanctionner les responsables concernés, d’autres estiment qu’elle risque plutôt d’accentuer les tensions et de fragiliser les efforts en faveur de la paix et les attentes d’un rapprochement entre Kinshasa et les autorités de Goma.
Par Michael Lufungulo





