La capitale togolaise, Lomé, a abrité mercredi 28 juillet 2026 l’ouverture officielle de la réunion africaine sur la justice climatique. Ces assises de deux jours ont été lancées par Josué Aruna Sefu, coordinateur du groupe de travail africain sur la justice climatique. À travers l’Alliance Hands Off Mother Earth (HOME), ce mouvement panafricain entend renforcer les capacités des parties prenantes et affirmer la position africaine, dire non aux technologies de géoingénierie solaire, marine et terrestre, jugées dangereuses pour les écosystèmes. « notre biodiversité, notre culture, nos droits et notre sécurité alimentaire, c’est notre richesse », a dit Josué Aruna Sefu, en référence aux projets qui visent à manipuler l’atmosphère, les océans et les sols sans s’attaquer aux causes profondes du changement climatique.
Les participants ont rappelé que la géoingénierie représente une menace majeure, voire existentielle, pour les populations et l’environnement. L’Afrique, ciblée par plusieurs acteurs, est devenue le terrain privilégié de promotion de ces technologies controversées. Les partisans de la géoingénierie cherchent à normaliser cette approche en semant la confusion dans le débat public et en influençant les décideurs africains. « L’Afrique n’est pas un laboratoire pour ces technologies à haut risque », ont martelé les intervenants.
Le discours selon lequel l’Afrique devrait être à la pointe de la recherche en géoingénierie est rejeté. Les participants y voient une entreprise néocoloniale visant à détourner le continent de ses priorités en matière de financement climatique, d’adaptation et de solutions durables. Ils dénoncent une tentative de transférer le fardeau du changement climatique vers l’Afrique, le continent le plus vulnérable mais aussi celui qui a le moins contribué aux émissions mondiales.
A l’issue de ces assises, les participants ont formulé plusieurs recommandations. Ils demandent aux gouvernements africains d’appliquer le principe de précaution et interdire toutes les formes de géoingénierie sur le continent. Toute recherche sur la modification du rayonnement solaire (SRM), y compris les expérimentations en milieu naturel et les dépôts de brevets, doit être rejetée. L’Afrique doit poursuivre son rôle moteur dans la mise en place d’un mécanisme mondial de gouvernance contre la géoingénierie solaire, comme l’ont déjà demandé les ministres africains lors de l’AMCEN 2023.
Les forums multilatéraux, tels que l’AMCEN et l’Assemblée des Nations unies pour l’environnement, ne doivent pas servir de plateformes pour légitimer la géoingénierie. Et aux mouvements sociaux et organisations de la société civile à se joindre à cette mobilisation pour des transitions justes et authentiques.
Les assises de Lomé marque une étape importante dans la lutte panafricaine pour la justice climatique. Elles réaffirment la volonté des peuples africains de protéger leurs terres, leurs océans et leur atmosphère contre des technologies risquées, et de défendre une vision de l’avenir fondée sur la résilience, la solidarité et la souveraineté.
Par la Redaction





