Société

66 ans après l’indépendance, les droits des consommateurs en RDC toujours bafoués

Janvier Makombe Kabare, président de la Ligue des Consommateurs du Congo Kinshasa (LICOSKI), dresse un constat amer, plus de six décennies après l’indépendance, les droits des consommateurs congolais restent largement ignorés. Selon lui, les besoins fondamentaux tels que les soins médicaux, l’alimentation, l’accès à l’eau potable et à l’électricité ne sont pas garantis. « Si vous visitez certaines villes de la RDC, vous verrez que nous sommes loin de la modernité, c’est comme si nous vivions encore à l’époque de l’antiquité », regrette-t-il.

Le droit à la sécurité est également menacé. Makombe souligne que de nombreux produits fabriqués localement ne comportent pas d’étiquettes, rendant impossible l’identification des ingrédients utilisés. Cette absence de traçabilité expose directement la santé et la vie des consommateurs. À l’époque coloniale, malgré les limites, il existait une certaine rigueur dans la législation. Aujourd’hui, la situation est jugée « compliquée » et préoccupante.

Le droit à l’information est un autre point sensible. Beaucoup d’entreprises fixent les prix sans informer le public, notamment dans le secteur public. « Cela devient comme un système d’adhésion forcée », déplore Makombe. Dans d’autres pays, aucune décision touchant la vie des consommateurs n’est prise sans consultation ni communication préalable.

Quant au droit d’être entendu, il reste théorique. Les plaintes des consommateurs concernant la qualité des services, notamment dans les télécommunications, ne trouvent pas d’écho. Makombe compare la situation à celle de pays voisins comme l’Angola, le Burundi ou le Rwanda, où les autorités se montrent plus attentives.

Le droit au choix est également limité. Malgré l’existence de nouvelles lois adoptées en 2015 pour réguler l’eau et l’électricité, les consommateurs continuent de payer des factures forfaitaires, une pratique pourtant interdite. Pour Makombe, la responsabilité incombe au pouvoir public, qui tarde à rendre ces lois effectives.

Le droit à l’éducation des consommateurs est presque inexistant. Les entreprises se contentent de publicités, sans organiser de véritables séances d’information pour sensibiliser la population aux risques liés à la consommation. « C’est une obligation, mais elle reste silencieuse », insiste-t-il.

Le droit à la réparation des torts est lui aussi bafoué. Certains opérateurs économiques affichent des mentions telles que « marchandise vendue n’est ni échangée », ce qui viole le principe de garantie. « Ailleurs, le client est roi », rappelle Makombe.

Face à ces multiples violations, le président de la LICOSKI appelle le pouvoir public à assumer pleinement son rôle, garantir la sécurité, la traçabilité et la protection des droits des consommateurs. Il insiste également sur la responsabilité des producteurs et fournisseurs, qui doivent respecter les lois en vigueur.

Janvier MAKOMBE rappelle que la LICOSKI est née de ce constat amer,  la violation massive et quotidienne des droits des consommateurs dans des secteurs essentiels comme l’eau, l’électricité et les télécommunications. Pour Makombe, il est urgent que la RDC adopte enfin une loi spécifique de protection des consommateurs, afin de permettre au pays de progresser et de répondre aux attentes légitimes de sa population.

 

Redaction

 

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