Société

Être réfugié, c’est déjà une épreuve » Me Néné Bintu alerte sur la situation des Congolais dans les pays voisins

La crise des réfugiés congolais dans les pays voisins prend une ampleur inquiétante. Selon Me Néné Bintu, présidente provinciale du bureau de coordination de la société civile du Sud-Kivu, les Congolais installés au Burundi, en Tanzanie, en Ouganda et parfois au Rwanda traversent des moments difficiles. Être réfugié, rappelle-t-elle, « c’est déjà une situation imposée », mais au-delà de l’exil, ces populations affrontent un manque de prise en charge, des conditions de vie précaires et des violations de leurs droits fondamentaux.

Lors d’un entretien avec la rédaction centrale de www.lifeinfos.net, la présidente du bureau de coordination de la société civile renseigne que les réfugiés congolais, estimés à plus d’un million, vivent dans des conditions difficiles. Au Burundi, les vagues successives de déplacements ont conduit à une saturation des camps et des sites d’accueil. Faute d’abris adaptés, certains ont été hébergés dans des stades, des églises ou des écoles. Les problèmes de santé sont également préoccupants, des cas de choléra ont été signalés dans certains camps, entraînant même des décès, avant que la situation ne soit maîtrisée.

Au-delà des conditions matérielles, Me Néné Bintu souligne que beaucoup de réfugiés n’ont jamais obtenu le statut officiel qui leur garantirait des droits essentiels. Les conventions internationales reconnaissent pourtant aux réfugiés le droit à l’éducation, à la santé, à l’alimentation, à un environnement sécurisé et à des activités génératrices de revenus. Ces droits sont souvent bafoués, aggravant la vulnérabilité des déplacés.

Les enfants non accompagnés constituent une autre urgence humanitaire. Plus de 30 000 ont été recensés en Tanzanie et au Burundi. Ils ont fui seuls et d’autres perdu ou éparés de leurs familles, ils n’ont pas accès à l’éducation. Au Burundi, l’enseignement en kirundi n’a pas pu absorber le flux massif d’élèves venus du Congo, laissant des milliers d’enfants sans scolarisation ajoute notre source.

Elle signale que face à cette crise, le HCR et les gouvernements congolais et burundais ont organisé des rapatriements volontaires et sécurisés. Depuis mai 2026, un camp de transit installé à Kanvivira accueille les réfugiés congolais de retour du Burundi, mais aussi des Burundais qui souhaitent rentrer chez eux. Au mois de juin 2026, 46 000 Congolais avaient déjà regagné leur pays, parfois de manière spontanée. Toutefois, les obstacles logistiques persistent, notamment dans le territoire de Fizi où les routes coupées compliquent les déplacements depuis les camps de Lusenda et Mulongwe. En Tanzanie, les rapatriements n’ont pas encore commencé, tandis que des discussions tripartites entre la RDC, le Rwanda et le HCR se poursuivent pour garantir des retours conformes aux normes internationales.

Me Néné Bintu adresse un message d’encouragement aux acteurs humanitaires, qui travaillent souvent sous pression, sans moyens suffisants et dans des conditions difficiles. Elle appelle à une mobilisation accrue de fonds pour répondre aux besoins des réfugiés, qu’il s’agisse de ceux qui restent dans les pays d’accueil ou de ceux qui rentrent au Congo et doivent reconstruire leur vie.

Elle demande aux autorités nationales et régionales de rétablir la paix car elle est la condition sine qua non pour faciliter le retour des réfugiés. La sécurité et la protection des civils doivent être garanties afin que les rapatriés puissent bénéficier d’une réinsertion socio-économique durable.

 

Redaction 

 

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