L’Association Congolaise pour l’Accès à la Justice (ACAJ) annonce la libération, de Me Chiri, avocat et doyen du Conseil du Barreau de Nord-Kivu, ainsi que de quatorze militants du mouvement citoyen Lucha, arrêtés la veille lors d’une manifestation pacifique à Beni.
Selon l’ACAJ, Me Chiri a été relâché vers 10h, heure locale, par les responsables de l’AFC/M23. Ces derniers affirment qu’il aurait été arrêté par « confusion » avec une autre personne accusée de publier des messages hostiles sur Facebook. L’avocat a déclaré ne pas avoir subi de torture physique, mais il a choisi de ne pas s’exprimer publiquement, craignant des représailles dans une zone toujours sous contrôle du M23.
Dans l’après-midi, vers 17h30, quatorze militants de Lucha arrêtés sur ordre du maire de Beni ont également été libérés. Ils avaient été interpellés lors d’une marche pacifique marquant le premier anniversaire de la mobilisation citoyenne exigeant le retrait des troupes RDF/M23 du Nord et du Sud-Kivu, conformément aux résolutions du Conseil de sécurité des Nations Unies.
Parmi les personnes libérées figurent Sarah Zilpa, Willy Mastaki, Élie Siviri, Jackson Bunenego, Chance Mathale, Espoir Kamate, Victoire, Olivine Ulikuwe, Rodrigue Manega alias Lolo, JP Mulagizi, Julien Makuta, Fungaroho, Benjamin et Kambale Stino. L’ACAJ précise que certains blessés n’ont pas bénéficié de prise en charge médicale et que six téléphones portables ont été perdus lors de l’arrestation.
L’organisation de défense des droits humains ACAJ a exprimé sa gratitude envers toutes les personnes et institutions, nationales et internationales, ayant contribué à ces libérations. Elle a également annoncé qu’elle poursuivra le dialogue avec les autorités provinciales du Nord-Kivu afin d’obtenir une indemnisation à l’amiable pour les victimes. À défaut, elle promet un accompagnement juridique et judiciaire.
Par ailleurs, l’ACAJ entend relancer son plaidoyer pour l’adoption et l’application effective de la loi sur la liberté de manifestation publique en République démocratique du Congo. Elle affirme vouloir travailler avec des acteurs nationaux et internationaux afin que les auteurs et complices des crimes graves commis à l’Est du pays ne restent jamais impunis.
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